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Actualité : "Une situation critique" : Volkswagen vit une crise historique, 50 000 emplois et des usines menacés
La journée du 21 août 2026 risque d'être gravée dans la mémoire des salariés de Volkswagen. Ils ont tout simplement appris que le groupe prépare la plus grosse restructuration de son histoire. L'agence Reuters a consulté une note interne dans laquelle Oliver Blume, directeur général de Volkswagen, écrit que "la situation est plus que critique".
Volkswagen prépare donc des coupes qualifiées de "douloureuses". On parle de 50 000 postes menacés dans le monde selon un chiffre qui circule depuis des semaines. Volkswagen n'a pas un problème en termes de voitures vendues puisque la marge opérationnelle du groupe est inférieure à 4 %. Pour Oliver Blume, le taux est correct au vu du contexte mais bien trop faible pour la suite.
En 2025, le groupe a pourtant dégagé plusieurs milliards d'euros de bénéfices opérationnels. Mais cette marge est "en aucun cas suffisante pour dégager sur la durée assez de fonds pour de nouvelles technologies, de nouveaux produits et nos sites", écrit Oliver Blume dans sa note.
Le constructeur allemand prépare donc une grosse restructuration puisqu'une grande partie de ses frais sont dépensés en structures, administration, encadrement, ingénierie et support. Le groupe fabrique aujourd'hui environ 150 modèles répartis sur dix marques, avec chacune leurs équipes et leurs coûts.
Toutefois, rien n'est moins sûr à propos des 50 000 emplois menacés. "Le chiffre souvent cité d'environ 50 000 emplois à l'échelle mondiale n'est pas un objectif arrêté", précise le directeur de Volkswagen. Oliver Blume explique qu'il s'agit d'un indicateur de l'ampleur des décisions à prendre pour rattraper l'écart de compétitivité. C'est donc la somme d'économies à trouver et pas une liste de postes déjà condamnés.
Malgré tout, un premier plan supprimera des postes en Allemagne. En fin d'année 2024, les syndicats ont négocié 35 000 suppressions pour un objectif de 15 milliards d'euros d'économies par an. Volkswagen irait donc bien au-delà si cette coupe de 50 000 est actée.
Les usines sont aussi menacées, mais là aussi Volkswagen n'a pas encore pris de décision. Toutefois, quatre sites allemands sont en sursis. Au cours de la décennie 2030, les usines d'Emden, de Hanovre, de Zwickau et de Neckarsulm n'atteindront pas un taux de production compétitif selon Oliver Blume. Certains sites progressent sur leur structure de coûts, mais pas assez selon le directeur.
Oliver Blume admet que Volkswagen n'a pas encore chiffré ce que lui coûteront les constructeurs chinois et leurs usines européennes. Rappelons que BYD produit en Hongrie et en Turquie, quand Chery assemble en Espagne. Leapmotor a fait le choix de la Pologne.
Des sites européens qui échappent alors aux droits de douane de Bruxelles et attaquent Volkswagen sur son propre terrain avec des prix agressifs. La pression tarifaire est donc de plus en plus grande sur le marché européen. La chute des profits en Chine et les taxes à l'importation aux États-Unis ajoutent de la pression sur les épaules du groupe.
Volkswagen compte aussi nettoyer son catalogue avec 150 modèles qui passeront à environ 75. Les doublons entre les marques seront aussi supprimés avec beaucoup moins d'équipements et d'options. Cette simplification arrivera dans les différents catalogues dès 2027 pour les clients.