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Incendies : l'obligation de débroussaillement, un véritable casse-tête pour la commune d'Yvoy-le-Marron dans le Loir-et-Cher
La loi impose aux habitants de débroussailler sur 50 mètres autour de leur maison dans une cinquantaine de départements. Cette mesure doit permettre de limiter le risque d'incendies.
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Après les incendies à répétition qui ont eu lieu cet été, l'obligation légale de débroussaillement préoccupe beaucoup les communes. Elle s'applique dans 52 départements à risque et impose aux citoyens de débroussailler sur 50 mètres autour de leur habitation. La commune d'Yvoy-le-Marron dans le Loir-et-Cher et ses 750 habitants sont concernés. Cette règle, qui paraît simple en théorie, se révèle compliquée à appliquer, notamment dans ce village de Sologne, près du château de Chambord.
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Habitants et élus d'Yvoy-le-Marron tentent donc de trouver des solutions. Par exemple, en périphérie de la commune, un terrain de deux hectares en friche, plein de ronces et de fougères, pose des difficultés au maire, Nils Aucante, et aux personnes qui habitent à côté. Pour Jean-Paul, pompier à la retraite, qui vit près de ce terrain, le débroussaillement de cette zone ne lui revient pas : "Ce n'est pas à moi de le faire, c'est au propriétaire du terrain".
"Non, le propriétaire n'est pas concerné parce qu'il n'habite plus ici", répond Nils Aucante, le maire de la commune. "Logiquement, tous les gens qui habitent là, à côté, doivent donc prendre contact avec lui pour pouvoir intervenir. Pour l'instant, il ne répond pas, il n'a répondu qu'à une seule personne", explique l'élu. La loi prévoit en effet qu'un habitant intervienne à 50 mètres autour de chez lui, y compris au-delà de sa propriété, et même si le terrain d'à côté est privé.
Cette règle fait bondir George, un Capraisien qui réside dans un autre quartier, en lisière de forêt, et qui est lui aussi confronté à cette problématique. Il assure débroussailler chaque année sur sa propriété, et ce, depuis 25 ans. "Il y a 20 mètres chez moi puis il y a la limite de la propriété du voisin, un Parisien, et donc pour aller jusqu'à 50 mètres selon la loi, il faudrait que j'aille nettoyer 30 mètres chez lui", décrit-il. George poursuit : "C'est complètement imbécile, ça. Je n'ai pas les moyens de faire ça. C'est une propriété privée, je ne vais pas aller m'amuser à entrer".
"On n'a pas le droit d'aller chercher des champignons sur une propriété privée, mais il faudrait qu'on nettoie chez eux, c'est une plaisanterie."
Le maire assure qu'il faudra forcément agir au cours de l'année sur sa commune afin de limiter les risques d'incendie l'été prochain. Il réfléchit donc déjà à des solutions. "À un moment", assure Nils Aucante, "il va falloir qu'on puisse le faire parce que si ce propriétaire qui vit aussi à Paris ne répond pas... L'idéal, ce serait de pouvoir passer un broyeur forestier ici, ce serait très simple et peu coûteux, et ça arrangerait tout le monde".
Pour Philippe Canot, président de la fédération Communes forestières France, les pouvoirs publics devraient être au cœur de la gestion des obligations de débroussailler. Il ne comprend pas pourquoi les charges reposent sur des particuliers et il milite pour permettre aux communes d'intervenir plus facilement. "Au départ, ça doit être une réflexion au moins menée à l'échelon de la commune, et après, il faut voir qui finance", dit-il. "Vous avez des petites collectivités qui ont peu de budget", détaille Philippe Canot, "il faut les aider soit par le biais d'un fonds d'amorçage, soit par des formules de défiscalisation pour certaines entreprises et certains groupes".