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Actualité : La 5G est le plus rapide des réseaux pour nos téléphones, mais elle détecte aussi les drones suspects
Les antennes proposent de la 5G à nos téléphones, mais ce n'est pas leur seule utilisation. Elles sont capables de détecter les drones au-dessus de nos têtes sans installer d'équipement en plus. Lockheed Martin a présenté ces résultats lors d'une démonstration à Miami, avec Verizon, Nvidia, Keysight, ODC, sa filiale Astris AI. On parle d'une technologie qui s'appelle NetSense. Mais alors, comment fonctionne tout cela ?
Tout d'abord, il faut rappeler que les émetteurs 5G diffusent des ondes radio dans toute leur zone de couverture. Quand un objet passe dans ce champ, la manière dont les signaux se propagent est modifiée, ce qui provoque des perturbations. Les stations enregistrent ces mesures pour ajuster la qualité de la connexion. Mais pour la détection des drones, ce qui nous intéresse, c'est la lecture de ces données.
Le logiciel d'accès radio d'ODC récupère les mesures et la plateforme Nvidia AI Aerial les analyse de suite à la périphérie du réseau. Des modèles d'IA séparent la signature d'un drone en train de voler des variations normales. Les algorithmes NetSense identifient alors l'engin, calculent sa position sur sa trajectoire et déclenchent une alerte automatique.
"Les drones deviennent plus abordables et plus accessibles. La technologie de surveillance de l'espace aérien doit donc évoluer assez vite pour devancer les menaces potentielles", explique Sarah Hiza, vice-présidente senior, technologie et innovation stratégique chez Lockheed Martin.
Anil Guntupali, vice-président senior, technologie et développement produits chez Verizon, explique : "En appliquant l'IA aux mesures de signaux radio qui circulent déjà sur notre infrastructure 5G, nous transformons notre réseau en une plateforme de détection intelligente."
Pas de modification matérielle ici, il faut ajouter une couche de calcul et de logiciel à la périphérie du réseau. La technologie NetSense sera commercialisée sous forme d'abonnement par la filiale Astris AI, avec un raccordement au centre de sécurité des clients. On parle des aéroports, des stades, des hôpitaux, des collectivités locales et autres lieux sensibles.
Au second semestre 2026, les premiers déploiements pilotes commenceront, avec une première vague quelques mois après. Et puis l'année prochaine, la commercialisation sera lancée pour tous. En France, c'est Orange qui propose sa solution.
Il y a quelques mois, Orange Business a lancé Drone Guardian, la première offre de lutte anti-drone sous forme de service en Europe. Les capteurs sont conçus par Hologarde, filiale du groupe ADP, et compatibles sur les 19 700 points hauts de TOTEM, la société de tours de l'opérateur. La portée est jusqu'à 20 kilomètres et les données remontent par une connectivité sécurisée vers Cloud Avenue SecNum, une plateforme qualifiée SecNumCloud 3.2 par l'ANSSI.
Les trois premiers déploiements ont déjà lieu à Val-de-Reuil, dans l'Eure, Toulouse et Brétigny-sur-Orge. Mais la technologie française est différente, puisqu'elle repose sur la balise d'identification que chaque drone dans le commerce utilise. Si un engin désactive cette balise, elle n'apparaît pas. Il s'agit d'une déclaration volontaire de la part de l'utilisateur, qui peut la retirer.
Orange s'adapte donc et va adopter et va développer la même technologie que Lockheed Martin, le radio sensing 5G. C'est au début de l'année 2027 que les premiers essais commenceront. "Je suis fière d'annoncer le lancement de la première offre de la direction défense et sécurité", déclare Nassima Auvray, directrice défense et sécurité d'Orange Business.