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Actualité : Voitures électriques “made in Europe” : un bonus à l’achat défendu par Stellantis et Volkswagen fâche la Chine
Bousculés par l’offensive chinoise, les dirigeants de Stellantis et Volkswagen réclament d'urgence un bonus “made in Europe” pour préserver la compétitivité de l’industrie automobile du Vieux Continent.
© emirhankaramuk/Shutterstock - Volkswagen et Stellantis mettent en avant un label pour valoriser l'industrie européenne face aux voitures électriques chinoises
Afin de contourner les surtaxes à l'importation, la Chine commence à assembler massivement ses modèles électriques sur le sol européen. Une riposte qui inquiète les constructeurs locaux, dont Volkswagen et Stellantis. Dans une tribune conjointe publiée par Les Échos, ils demandent l’instauration d’avantages financiers stricts, via un bonus “made in Europe” réservé aux véhicules électriques véritablement produits sur le Vieux Continent.
Représentant 8 % du PIB et 13 millions d’emplois, l’industrie automobile constitue un pilier majeur de l’économie de l’Union européenne. Pourtant, ce fleuron vacille de plus en plus sous la pression des constructeurs chinois, qui bénéficient de normes sociales et environnementales moins contraignantes. Antonio Filosa, PDG de Stellantis, et Oliver Blume, patron de Volkswagen, tirent ainsi la sonnette d’alarme pour protéger leur activité.
Dans ce plaidoyer relayé par Les Échos, les deux dirigeants exigent des mesures radicales, s’accordant tout d’abord sur le fait que “l’argent des contribuables européens doit être utilisé de manière ciblée pour soutenir la production européenne et attirer les investissements”. Pour cela, ils souhaitent principalement la création d’un label restrictif “made in Europe”.
Afin qu’une voiture électrique l’obtienne, il faudrait qu’elle réponde à quatre critères stricts liés à sa fabrication sur le Vieux Continent, touchant à la fois la production globale, la chaîne de traction, les cellules de batteries et l’électronique embarquée. Grâce à cela, Stellantis et Volkswagen espèrent réserver les bonus écologiques et l’accès aux marchés publics aux seuls modèles répondant à ces exigences locales. Reste à savoir si cela suffira à endiguer l'offensive.
Les patrons justifient notamment cette approche par un dilemme incontournable pour l’industrie : “Plus les prix doivent être contenus, plus le besoin d’importer les batteries les moins chères s’impose.” Une situation qui oblige les constructeurs à dépendre de pays tiers, dont la Chine, et qui justifie selon eux l’urgence de compenser les surcoûts d’une fabrication locale.
Néanmoins, cette stratégie du label “made in Europe” pourrait s’avérer insuffisante devant des constructeurs chinois qui implantent déjà leurs usines et leurs lignes de production en Europe afin d'échapper aux surtaxes douanières frappant les importations de véhicules électriques.
Au passage, cette volonté protectionniste cristallise d’importantes tensions diplomatiques entre l’Union européenne et la Chine. Visant le futur projet de loi européen Industrial Accelerator Act, qui devrait inclure des barrières commerciales contre les véhicules chinois, Pékin dénonce, selon le média allemand Handelsblatt, une “discrimination institutionnelle” pénalisant ses nouvelles usines locales et ralentissant la transition écologique mondiale.
La menace est claire : si l’Europe persiste avec son label “made in Europe”, l’empire du Milieu promet des représailles légales pour protéger vigoureusement ses géants industriels. Le bras de fer ne fait donc que commencer.