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« Au moins 100 millions de mètres cubes » : une chercheuse décrypte en interview la catastrophe au Népal
Des images aériennes et satellitaires montrent l’ampleur des destructions provoquées par la crue éclair qui a ravagé la frontière entre le Népal et le Tibet. Les satellites permettent désormais de remonter jusqu’à l’origine du phénomène : l’effondrement brutal d’un glacier.... Lire la suite
En Arctique, le climat se réchauffe plus vite qu’ailleurs. Mais l’Arctique, c’est loin, alors… Des chercheurs ramènent aujourd’hui cette dure réalité un peu plus près de nos préoccupations. Ils montrent que quelque chose d’inquiétant se joue dans nos montagnes.... Lire la suite
Plus de 1 200 morts et 4 200 personnes portées disparues : le bilan de la catastrophe qui a frappé la vallée de la Bhote Koshi, au Népal, ne cesse de s’alourdir. Mais que s’est-il réellement passé le 26 août ? Pour comprendre ce phénomène hors norme, Kristen Cook, géomorphologue à l’Université Grenoble Alpes et spécialiste des risques naturels dans l’Himalaya, apporte son éclairage sur les mécanismes de la catastrophe et sur notre capacité actuelle à les détecter précocement.
Alors que les jours passent et que les équipes de secours sont toujours à la recherche de survivants, notamment dans les tunnels ensevelis de la centrale hydroélectrique de Rasuwagadhi, les chercheurs, eux, tentent de comprendre les mécanismes exacts de la catastrophe qui a frappé la vallée de la Bhote Koshi au Népal.
Si une rupture de lac glaciaire, puis un effondrement d'un morceau de glacier avaient été les premières hypothèses avancées, l'analyse des données satellitaires et sismiques tend désormais à mettre en cause une autre origine. « Il est maintenant très clair qu'un glissement de terrain rocheux s'est déclenché, et qu'il a entraîné avec lui le glacier situé au-dessus », affirme Kristen Cook, géomorphologue à l'Université Grenoble Alpes et spécialiste des risques naturels dans cette région de l'Himalaya.
Latest high resolution drone pictures of the source area of the rock ice avalanche on the Langtang Lirung mountain that triggered the Nepal flood.Photo by Guoxiong Zheng pic.twitter.com/30z6iEDsuj
Autrement dit, ce n'est donc pas le glacier qui aurait rompu en premier, mais le pan de montagne situé en dessous qui se serait effondré, emportant avec lui une importante masse de glace.
Des images aériennes et satellitaires montrent l’ampleur des destructions provoquées par la crue éclair qui a ravagé la frontière entre le Népal et le Tibet. Les satellites permettent désormais de remonter jusqu’à l’origine du phénomène : l’effondrement brutal d’un glacier.... Lire la suite
Si les glissements de terrain sont courants dans ces régions de haute montagne, celui-ci serait toutefois d'une ampleur considérable. Kristen Cook et ses collègues, qui travaillent à décortiquer l'enchaînement des événements, estiment à l'heure actuelle que la masse de roches ayant chuté dans la vallée de la Lhende Khola représenterait « au moins cent millions de mètres cubes ». Le volume de glace ayant été emporté serait quant à lui de « plusieurs dizaines de millions de mètres cubes ».
À titre de comparaison, le célèbre glissement de Vajont, survenu en Italie en 1963, avait mobilisé environ 270 millions de mètres cubes de roches qui se sont effondrées dans le lac de retenue situé en contrebas. L'impact a créé une vague de tsunami qui a franchi le barrage et déferlé dans la vallée du Piave, détruisant le village de Longarone et causant près de 2 000 morts.