// CLUBIC — CYBERSECURITY
Créer une culture cyber dans une PME : mission impossible ou priorité rentable ?
Beaucoup de dirigeants de PME pensent que la cybersécurité est réservée aux grands groupes et entreprises. Pourtant, plusieurs patrons racontent avoir changé leurs pratiques sans recruter ni investir massivement, quand d’autres ont vu la cybersécurité leur ouvrir des marchés.
Comme souvent, en entreprise comme au quotidien, ce n’est que lorsqu’un cybercriminel retrouve le seul et unique mot de passe utilisé depuis la création d’un compte que l’on s’aperçoit de l’importance de bien maîtriser sa cybersécurité.
Selon le baromètre ImpactCyber, publié en 2026 par Cybermalveillance.gouv.fr, une entreprise sur six a subi une attaque au cours des douze derniers mois et huit dirigeants sur dix ont admis ne pas être préparés. L’organisme a recueilli des témoignages de dirigeants qui ont changé leurs habitudes sans recruter ni multiplier les dépenses. France Num, la plateforme publique dédiée aux entreprises, a de son côté publié des cas où la cybersécurité a permis à des PME de préserver ou de décrocher des marchés, loin de l’image d’une dépense purement défensive. Ces dirigeants de TPE ou de PME racontent leur histoire avec au départ, un budget restreint.
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François dirige une entreprise de couverture de dix-huit salariés à Tours. Jusqu’à récemment, l’accès distant de toute l’équipe dépendait d’une adresse IP fixe, et le mot de passe reprenait simplement le nom de l’entreprise. Après avoir pris conscience de la vulnérabilité de son système de sécurité, François a changé de prestataire informatique. Il a aussi renouvelé le serveur et fait installer un pare-feu qui filtre désormais les connexions, en plus de fixer des mots de passe individuels et structurés pour toute l’équipe.
« Sensibiliser les équipes me paraît prioritaire »— François, dirigeant d’une entreprise de couverture de dix-huit salariés à Tours
D’après lui, les e-mails de l’entreprise contiennent des données bancaires et ces données auraient pu être exploitées pour usurper l’identité de l'entreprise auprès des clients.
Guillaume a fondé une fintech de soixante collaborateurs, spécialisée dans l’épargne. Une prise de contrôle d’ordinateur par erreur humaine représente, selon lui, le risque le plus probable pour son activité. Il a donc mis en place des formations pour les salariés et imaginé plusieurs scénarios d’attaque dans le plan de continuité de l’entreprise. Il préfère investir dans la formation plutôt que dans les seuls outils techniques, comme François avant lui.
« L'installation d'un logiciel malveillant ou la prise de contrôle d'ordinateur est totalement envisageable »— Guillaume, fondateur d’une fintech de soixante collaborateurs
Chez Acrotir, la cybersécurité a d’abord été une question commerciale, avant d’être une question de prévention. Laurent Elles a fondé cette entreprise de cordistes en 1990 à Lunéville, en Meurthe-et-Moselle, spécialisée dans les travaux en hauteur. En 2024, Acrotir n’a pas pu répondre à un appel d’offres du ministère de la Défense, faute de respecter les exigences de sécurité des données du marché. Il a alors compris que sa PME devait rattraper son retard numérique pour continuer à grandir. Il a engagé depuis une remise à niveau de sa cybersécurité, saluée par le prix Cybersécurité des Trophées numériques de la CPME.