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IA et devoirs : cette peur pousse des parents à payer, même lorsqu’ils doutent de ses bénéfices
Deux heures récupérées chaque semaine, des courses faites automatiquement, une recherche d'appartement pilotée par un bot : l'IA s'installe dans le quotidien des Français à une vitesse surprenante. Près d'un Français sur deux y recourt déjà régulièrement. Mais jusqu'où peut-on lui faire confiance ?... Lire la suite
C’est une petite musique qui se fredonne en toile de fond et qui s'insinue : « À quoi bon apprendre par cœur puisque l’intelligence artificielle répond instantanément à presque toutes les questions ? » Pourtant, l’accès immédiat au savoir ne garantit pas l’acquisition de véritables connaissances. Et si la mémoire n’était pas qu’un souvenir de notre scolarité, mais une condition essentielle pour comprendre ce que les outils numériques nous donnent à voir ?... Lire la suite
Avec l’intelligence artificielle qui s’invite désormais dans les devoirs des collégiens et lycéens, de nombreuses familles font face à un dilemme : faut-il en limiter l’usage ou, au contraire, permettre à son enfant de suivre le mouvement ? Une étude révèle à quel point les pratiques des autres élèves pourraient peser sur cette décision.
L'utilisation de l'IA est déjà bien installée dans le quotidien scolaire. En France, une enquête menée par les Cahiers pédagogiques en 2025 auprès de plus de 3 000 élèves révélait que 79 % des lycéens et 59 % des collégiens interrogés l'avaient déjà utilisée pour leurs devoirs. Pour les parents, cette généralisation fait naître une inquiétude paradoxale : l'IA risque-t-elle de nuire aux apprentissages ou devient-elle indispensable pour ne pas prendre de retard ? Une étude publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences montre que la réponse dépendrait largement du comportement des autres élèves.
Les chercheurs ont interrogé environ 2 000 parents aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. Tous avaient au moins un enfant âgé de 13 à 18 ans. Ils devaient indiquer combien ils seraient prêts à payer pour offrir à leur adolescent trois mois d'accès à un outil d'IA haut de gamme, utilisable librement pour ses devoirs.
Les parents ont ensuite été placés face à plusieurs situations. Selon les cas, ils apprenaient que 20, 40, 60 ou 80 % des autres adolescents utilisaient déjà l'IA pour travailler.
Plus cette proportion était élevée, plus le montant qu'ils étaient prêts à payer augmentait. Lorsque la proportion annoncée d'utilisateurs passait de 20 à 80 %, la somme proposée augmentait de plus de 60 %, soit environ 11 dollars supplémentaires. Près d'un parent sur cinq expliquait sa décision par la crainte de voir son enfant prendre du retard.
L'étude, menée par Leonardo Bursztyn, professeur d'économie à l'Université de Chicago, et ses collègues, met en évidence une forme de course à l'équipement : même lorsqu'ils doutent des bénéfices de l'IA, certains parents préfèrent y donner accès à leur enfant plutôt que de risquer un désavantage scolaire.
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Certains participants ont aussi été avertis d'un risque possible pour les apprentissages. Dans une précédente expérience, des lycéens disposant librement de GPT-4 réussissaient mieux leurs exercices de mathématiques pendant l'entraînement. Mais, privés de l'outil lors d'un examen, ils obtenaient des résultats inférieurs d'environ 17 % à ceux des élèves qui s'étaient entraînés seuls.