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Nucléaire pour alimenter l'IA : Google réveille une centrale abandonnée et signe son premier accord en Europe
L’appétit insatiable de l’intelligence artificielle (IA) est une aubaine pour le secteur nucléaire. Google s’apprête à ressusciter une centrale nucléaire américaine à l’arrêt depuis six ans pour alimenter ses data centers. Le géant frappe aussi un grand coup en Finlande, où il vient de signer son tout premier accord nucléaire hors des États-Unis.
Car les géants de la tech se tournent de plus en plus vers l’atome pour sécuriser une électricité stable et peu carbonée. Microsoft a ouvert la voie en 2024 en signant un accord pour relancer un réacteur de Three Mile Island, tandis que Meta a mis la main sur la centrale de Clinton, dans l’Illinois. Google s’inscrit désormais pleinement dans cette dynamique avec deux annonces coup sur coup.
Direction, tout d’abord, dans l’Iowa, où se trouve la centrale nucléaire de Duane Arnold. Cette installation de 615 mégawatts est à l’arrêt depuis 2020, après le passage d’une violente tempête qui a endommagé ses tours de refroidissement. Son exploitant NextEra Energy a préféré la mettre définitivement hors service plutôt que de la réparer : le gaz naturel, bon marché, rendait le nucléaire moins rentable.
Six ans plus tard, la situation s’est inversée. Avec l’essor de l’IA, la demande en électricité explose, et le nucléaire redevient une source d’énergie stable et attractive. NextEra a donc décidé de remettre la centrale en service, avec un objectif : un redémarrage en 2029. Pour financer ces travaux de remise en état, l’entreprise a obtenu un prêt de 1,9 milliard de dollars auprès du Département de l’Énergie américain (DOE), l’équivalent du ministère de l'Énergie aux États-Unis.
Et c’est ici que la firme de Mountain View entre dans l’équation. Car l’électricité produite sera en grande partie achetée par Google pour alimenter ses centres de données dédiés à l’IA. L’entreprise chercherait même à construire jusqu’à six data centers à proximité de la centrale.
Cap ensuite sur la Finlande, où Google vient de signer son tout premier accord nucléaire en dehors des États-Unis. Le géant américain a conclu un contrat de 22 ans avec le fournisseur local Fortum, portant sur jusqu’à 50 % de la production de la centrale de Loviisa. Ce deal doit permettre de prolonger la vie de la centrale jusqu’en 2050, grâce à des travaux de modernisation.
Un engagement qui s’accompagne d’un financement massif : Google va injecter au moins 13 milliards d’euros dans ses infrastructures d’intelligence artificielle en Finlande d’ici à 2028. C’est le plus gros investissement du groupe dans l’IA sur le Vieux Continent à ce jour.
Un PPA est un contrat d’achat d’électricité de long terme entre un producteur et un gros consommateur, avec des volumes et souvent un prix définis à l’avance. Pour un acteur comme Google, cela sécurise une partie de l’approvisionnement électrique sur 15 à 25 ans, ce qui colle aux besoins continus des data centers. Pour l’exploitant nucléaire, le PPA garantit des revenus prévisibles, utiles pour financer la remise en état, la modernisation et l’exploitation. Ce type de contrat sert aussi de “preuve” de demande stable, facilitant l’accès au crédit et aux aides publiques.
Redémarrer une centrale ne se résume pas à la remettre sous tension : il faut inspecter et requalifier des équipements critiques (cuve, circuits, systèmes de sûreté), remplacer des composants et mettre à jour les procédures. L’exploitant doit aussi démontrer au régulateur que l’installation respecte les exigences de sûreté actuelles, ce qui implique des audits, des essais et une documentation lourde. La remise en service passe enfin par des campagnes de tests progressifs, avant un retour à pleine puissance. Le calendrier s’étale souvent sur plusieurs années, notamment à cause des contraintes industrielles et réglementaires.
L’entraînement et l’inférence de modèles IA mobilisent des grappes de GPU/TPU très énergivores, qui tournent longtemps et à forte densité de calcul. À cela s’ajoutent les pertes et besoins annexes du site (aliment