// CLUBIC — CYBERSECURITY
Eutelsat commande de nombreux satellites pour OneWeb et fait deux heureux : Airbus et Arianespace
Eutelsat frappe un grand coup pour l'avenir de sa constellation OneWeb. L'opérateur a annoncé jeudi la commande de 229 satellites supplémentaires à Airbus, avec deux lancements confiés au Français Arianespace, entre 2027 et 2028.
L'espace européen carbure décidément à plein régime, avec de belles annonces ces 48 dernières heures, dont celle de ce 10 septembre, qui concerne Eutelsat, Airbus et Arianespace. En marge du Sommet spatial international, à Paris, et sous le regard du ministre de l'Espace Philippe Baptiste, Eutelsat a fait deux déclarations très importantes coup sur coup ce jeudi. D'un côté, l'entreprise a annoncé avoir signé un gros contrat avec Airbus pour muscler sa flotte OneWeb ; ainsi que des lancements qui seront opérés par Arianespace, plusieurs années après avoir mis en orbite les tout premiers satellites de sa constellation OneWeb. Deux signatures qui s'ajoutent, le même jour, à l'annonce d'un vaste réseau de stations sol avec la start-up Skynopy, sans oublier que l'État français est désormais le principal actionnaire de l'opérateur.
Chez Airbus, les 440 satellites OneWeb déjà commandés ne sont pas encore tous livrés, mais Eutelsat en redemande. L'opérateur vient de signer une autorisation de démarrage (l'ATP dans le jargon spatial) qui porte sur 229 engins supplémentaires. Ce sont donc 669 satellites au total qui ont été commandés à l'avionneur européen pour cette seule constellation, un chiffre qui confirme au passage la place d'Eutelsat comme seul opérateur européen à exploiter une constellation mondiale en orbite basse. L'entreprise compte Starlink et Amazon Leo comme concurrents.
C'est à Toulouse, où Airbus Defence and Space fabrique déjà les lots précédents, que la nouvelle série sera produite dans la foulée, sans rupture de cadence. Les satellites comporteront des canaliseurs numériques plus perfectionnés, gages d'un traitement embarqué plus fin, plus efficace et plus flexible, et surtout la capacité d'accueillir des charges utiles hébergées, en plus de leur mission Ku classique. De quoi élargir d'autant plus les usages possibles de la flotte. Ce savoir-faire, Alain Fauré, responsable des systèmes spatiaux chez Airbus Defence and Space, dit l'attribuer à « la maturité du produit » et à « l'excellence de la chaîne d'approvisionnement ».
Le patron d'Eutelsat, Jean-François Fallacher, note que « le programme de renouvellement de flotte avance à grands pas », et que cette commande est un moyen de « consolider son rôle au cœur de l'avenir de la connectivité souveraine en Europe ». Les tout premiers satellites OneWeb, mis en orbite dès 2019 et aujourd'hui en fin de vie opérationnelle, sur une constellation qui aligne déjà plus de 600 satellites répartis sur douze plans orbitaux à 1 200 kilomètres d'altitude, pourront être plus sereinement renouvelés. Sans oublier l'arrivée programmée d'IRIS², la future constellation souveraine européenne.
L'autre bonne nouvelle est qu'Arianespace a été sélectionnée pour récupérer les deux lancements dédiés prévus pour la même constellation. Les satellites s'envoleront à bord d'Ariane 64, la version la plus puissante du lanceur lourd européen avec ses quatre boosters, depuis le Centre spatial guyanais. Les rendez-vous seront fixés entre 2027 et 2028, et contribueront à nourrir la cadence visée par Ariane 6, à savoir neuf à dix tirs par an d'ici 2027, selon les dernières annonces d'ArianeGroup faites plus tôt cette semaine.
Les deux entreprises se connaissent bien. Entre 2019 et 2022, Arianespace avait déjà mis en orbite 428 satellites OneWeb, sur un total de treize lancements, avant une pause dans leur collaboration. Ariane 6 est rompu à l'exercice, puisqu'il a pris l'habitude de lancer plusieurs dizaines de satellites sur une même mission, tous contenus dans la même coiffe, notamment avec le client Amazon Leo, avec lequel d'ailleurs l'entreprise a étendu son contrat pas plus tard qu'hier. Un argument commercial de poids, alors qu'Ariane 6 négocierait déjà, selon Arian