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"Pour moi, c'est une idée abstraite" : 25 ans après, que reste-t-il de la mémoire du 11-Septembre chez les jeunes Américains ?
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Le 11 septembre 2001, chacun se rappelle où il était en découvrant les tours du World Trade Center frappées par des avions. Vendredi marquera les 25 ans de l'attentat. Comment transmettre cette mémoire aux plus jeunes ? Des casernes de pompiers aux campus américains, France Télévisions est allé à leur rencontre.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Le 11 septembre 2001, tout le monde se souvient de ce qu'il faisait, et où il était. Des images imprimées de façon indélébile dans les souvenirs, dans la mémoire collective. Sauf pour une génération entière, pour qui cette date appartient seulement aux livres d'histoire. Mais les États-Unis se sont fait une promesse, ne jamais oublier les 2 977 victimes, civils et pompiers. Leur nom est gravé dans le métal à Ground Zero. "Lui, c'était le meilleur ami de mon père", confie un homme désignant un nom sur le monument. Il souhaite que ses enfants comprennent le sacrifice de son père, pompier décédé des suites de l'inhalation des fumées toxiques, ainsi que celui de tous ses collègues.
"Le capitaine de son unité est l'un des derniers à avoir passé un appel radio depuis la tour. Ils essaient de monter au milieu des fumées, des gens brûlés", raconte-t-il. Au total, 343 soldats du feu sont morts, piégés en essayant d'évacuer le plus de personnes possible. "C'était exactement comme ça il y a 25 ans, un jour ensoleillé, sans un nuage. Il faut que mes enfants, que tout le monde se souvienne que tout peut basculer en un jour", souligne le père de famille. Juste à côté du mémorial, la caserne de pompiers qui était en première ligne est toujours en activité.
Cent millions d'Américains n'étaient pas nés, ou trop jeunes pour avoir le moindre souvenir des attaques. Sur le campus de la George Washington University, certains ne semblent pas vraiment concernés, ou seulement par les conséquences. "Ça m'évoque surtout la sécurité dans les aéroports. On m'a dit qu'avant on pouvait passer et prendre n'importe quel vol avec beaucoup moins de contrôles", admet une étudiante. "Pour moi, c'est une idée abstraite et certains de ma génération en font même des blagues", confie un jeune homme.
Pour les 25 ans, les télévisions ont lancé des programmes, comme L'Amérique se souvient. Dans certaines écoles il existe des cours spécifiques au 11-Septembre, où ceux qui l'ont vécu viennent raconter ce pan de bascule historique et la façon dont l'Amérique s'est relevée. "Les États-Unis se sont tenus debout, tous ensemble", se souvient une témoin. "Je ne savais pas !", reconnaît celle qui l'écoute attentivement. "Pense à comment c'est aujourd'hui. Eh bien, c'est tout l'inverse", l'interpelle encore l'intervenante.
Là même où les tours se sont effondrées il y a 25 ans, des drones ont retracé les contours du passé dans le ciel new yorkais, comme pour rappeler que le World Trade Center ne doit jamais vraiment disparaître du paysage de New York, ni de l'âme américaine.
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