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Ça s'accélère grandement pour le futur Rafale F5 français, avec de nouveaux contrats validés
La Direction générale de l'armement a notifié cette semaine les premiers contrats préparant l'arrivée du Rafale F5, chez Dassault, Safran, Thales et MBDA. Le futur chasseur français prend forme avant un lancement en réalisation prévu fin 2026.
Le ministère des Armées l'a confirmé le jeudi 10 septembre, la Direction générale de l'armement (DGA) a notifié cet été cinq marchés à Dassault Aviation, Thales, Safran et MBDA, comme pour marquer le vrai coup d'envoi industriel du standard F5 du Rafale. Cette rénovation à mi-vie doit transformer le chasseur français en véritable système de combat connecté, avec la promesse d'être ultra-performant sur le terrain. Elle couvre des pans entiers de l'appareil, comme le radar, le moteur ou les communications de l'appareil, pour une qualification visée à l'horizon 2033, avant l'entrée en service dans l'armée de l'Air et de l'Espace, puis dans la Marine nationale.
Parmi les éléments modernisés qui équiperont la prochaine version du Rafale, commençons par le radar. Thales planche sur le RBE2-XG, l'évolution du radar RBE2 AESA déjà utilisé sur le Rafale, un système qui « scanne » électroniquement le ciel sans pièce mobile, un gage de rapidité et de fiabilité. Après une décennie d'utilisation par les forces françaises, cette nouvelle version promet une portée de détection plus importante et une meilleure capacité à repérer les cibles furtives, comme les avions ou missiles conçus pour être quasiment invisibles aux radars classiques. Son intelligence artificielle embarquée doit aussi lui permettre de communiquer automatiquement avec les radars d'autres appareils en vol, sans que les pilotes n'aient à intervenir, c'est d'ailleurs ce qu'on appelle le combat collaboratif. Comme autre atout, on peut évoquer une meilleure résistance aux cyberattaques, une menace de plus en plus prise au sérieux sur ce type de systèmes connectés.
Le moteur change aussi. Le M88-2 actuel, qui propulse le Rafale depuis ses débuts, doit céder la place au M88 T-REX, dont Safran Aircraft Engines entame tout juste la conception préliminaire, avec l'appui de l'ONERA, le centre français de recherche aérospatiale. Avec 20 % de poussée en plus, un passage de 7,5 à 9 tonnes, il aura davantage de puissance pour décoller plus court, grimper plus vite ou emporter plus de charge. Ce gain de performance ne remet en plus pas en cause l'architecture modulaire du moteur, conçu comme un assemblage de blocs indépendants. Précisons que les techniciens pourront remplacer une pièce défaillante sans avoir à démonter tout le réacteur. Il y aura ainsi moins d'avions cloués au sol pour maintenance.
Côté communications, Thales développe l'IVDL, un nouveau canal qui doit permettre aux Rafale d'échanger discrètement des données entre eux en plein vol, une sorte de talkie-walkie ultra-sophistiqué et difficile à intercepter. La liaison, conçue pour rester indétectable et résister au brouillage, fera que les appareils pourront continuer à communiquer, même dans des zones où l'ennemi cherche à tout prix à couper leurs transmissions. Thales et MBDA auront en charge la rénovation complète de SPECTRA, le système qui protège le Rafale en détectant les menaces (radars ennemis, missiles) et en les neutralisant, par exemple en brouillant leurs signaux. Cette version F5, entièrement numérique, devra impérativement être efficace face à des menaces électroniques qui seront toujours plus sophistiquées d'ici 2035.
Ce standard F5 portera aussi le renouvellement de la dissuasion nucléaire aéroportée française, c'est-à-dire la capacité de la France à frapper avec l'arme nucléaire depuis un avion, l'un des deux piliers de sa force de dissuasion aux côtés des sous-marins. Le Rafale F5 doit embarquer le futur missile ASN4G, capable de voler à plus de cinq fois la vitesse du son pour rester quasiment impossible à intercepter, et qui est appelé à remplacer l'ASMP-A actuellement en service. Ce nouveau missile a déjà été présenté par Emmanuel Macron comme une pièce majeure