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Actualité : Bien que Sony ait annoncé la fin des formats physiques à partir de 2028, sa capacité de production de disques restera proche de 100 %
Sony arrêtera de presser des disques pour ses nouveaux jeux PlayStation en janvier 2028. On imaginait donc ses usines à l'arrêt. C'est l'inverse : l'usine autrichienne de Thalgau conservera près de 90 % de sa capacité. Derrière cette contradiction apparente se cachent une erreur de traduction, une pile de rééditions et un virage industriel discret.
© Shutterstock - Bien que Sony ait annoncé la fin des formats physiques à partir de 2028, sa capacité de production de disques restera proche de 100 %
Annoncer la mort d'un produit tout en gardant les chaînes de montage tournant à plein régime : voilà de quoi laisser perplexe. Pendant quelques semaines de l'été 2026, la planète du jeu vidéo a cru que Sony s'apprêtait à débrancher brutalement sa dernière usine de disques. Les chiffres qui circulaient avaient de quoi glacer, une production réduite à peau de chagrin. La réalité, une fois les malentendus dissipés, raconte une tout autre histoire, bien plus stratégique.
À l'origine du paradoxe, une simple confusion de langage. Le 1er juillet 2026, Sony annonce sur son blog l'arrêt de la fabrication de disques pour les nouveaux jeux PlayStation à compter de janvier 2028. Dans la foulée, le président de Sony DADC, la division qui presse les disques, Dietmar Tanzer, évoque "environ 10 % du volume en 2028". La presse spécialisée s'empare du chiffre et en tire une conclusion spectaculaire : l'usine tomberait à 10 % de sa capacité, soit un effondrement de 90 %.
Début septembre, un porte-parole de Sony a dû corriger le tir. Le dirigeant ne parlait pas d'une chute à 10 %, mais d'une baisse de 10 % du volume global du site en 2028. Nuance de taille : au lieu de perdre l'essentiel de son activité, l'usine de Thalgau, en Autriche, conservera donc environ 90 % de sa production. Cette rectification change tout au tableau, et transforme une fermeture annoncée en simple ralentissement maîtrisé.
Reste à comprendre ce que ces chaînes vont bien pouvoir fabriquer si Sony ne presse plus de nouveaux jeux. La réponse tient en un mot : les rééditions. L'arrêt de 2028 ne concerne que les titres inédits. Tous les jeux parus avant cette date, eux, pourront continuer d'être réimprimés à la demande des éditeurs. Or le catalogue PlayStation compte des centaines de références, et certaines superproductions continuent de se vendre en boîte des années après leur sortie. Thalgau, qui presse environ 600 000 disques par jour et reste la toute dernière usine de pressage optique de Sony, a donc largement de quoi tourner.
Le calendrier illustre bien cette transition en biseau. Le très attendu GTA 6, par exemple, sortira sur PlayStation dans une boîte, mais sans disque jouable à l'intérieur, uniquement un code de téléchargement. Le support physique ne disparaît pas d'un coup, il s'efface par étapes, laissant à l'usine plusieurs mois, voire plusieurs années, d'activité résiduelle avant que la question de son avenir ne se pose vraiment.
Car Sony n'a pas l'intention de laisser mourir son site. C'est là que se dévoile la vraie stratégie derrière le paradoxe. Plutôt que de démanteler Thalgau, l'entreprise y a injecté 30 millions d'euros pour le réorienter vers un tout autre marché : les microlentilles optiques. Ces minuscules composants, qui guident et concentrent la lumière, équipent les modules photo, les casques de réalité virtuelle et augmentée, le matériel médical ou l'automobile. La production de masse pourrait démarrer dès 2027.
Surtout, ce virage vise à sauver les emplois. Les quelque 300 salariés du site doivent être reconvertis à cette nouvelle activité plutôt que licenciés. Le maintien de la capacité de production n'est donc pas une contradiction, mais une gestion de transition : on garde l'outil et les équipes le temps d'écouler les rééditions et de basculer vers l'optique de pointe. Ce pragmatisme industriel n'apaise pas pour autant la grogne des joueurs. Une pétition a dépassé les 170 000 signatures, et les défenseurs de la préservation du jeu vidéo dénoncent