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"Restitution d'enfant" ou enlèvement : Rémy Daillet jugé cinq ans après le rapt de Mia
Cinq ans après l’enlèvement de Mia, 8 ans, dans le département des Vosges, 15 personnes sont jugées à partir de mardi devant le tribunal correctionnel de Paris. Parmi elles, la mère de la fillette et Rémy Daillet, figure du monde complotiste, qui envisageait un coup d'Etat.
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Rémy Daillet est le principal prévenu d'un groupe de 15 personnes qui envisageaient plusieurs actions, dont un coup d'Etat. Mais l'affaire la plus retentissante, c'est l'enlèvement de Mia, le 13 avril 2021, au domicile de sa grand-mère qui en avait la garde.
Ce jour-là, la grand-mère reçoit la visite de deux hommes, qui se présentent comme des éducateurs. Pour tromper sa vigilance et emmener Mia, ils ont confectionné de fausses cartes de visite et des documents à l'en-tête de l'Aide sociale à l'enfance. L'opération a été baptisée LIMA. IMA c'est l'anagramme de Mia, le prénom de la petite fille et le L, c'est pour Lola, la mère, âgée de 28 ans à l'époque.
L'enlèvement de la petite fille a été commandité par sa mère qui en a perdu la garde. Les services sociaux lui reprochent d'avoir déscolarisé Mia et de la priver de soins. Le plan alerte-enlèvement est déclenché et l'enfant et sa mère sont retrouvées cinq jours plus tard, en Suisse, dans un squat.
Lola, la mère de Mia, fréquente des milieux complotistes et antivaccins. Elle a été en contact avec un certain Rémy Daillet. Aujourd'hui âgé de 60 ans, il a tour à tour été romancier, entrepreneur, comédien et cadre du MoDem en Haute-Garonne, mais il est surtout "anti-système, anti-Etat".
Qui est Rémy Daillet-Wiedemann, mis en examen et placé en détention provisoire pour son projet de coup d'Etat ?
Depuis la Malaisie où il s'est installé en 2015, ce père de onze enfants a développé un site internet qui milite pour l'enseignement à domicile. Sur sa chaine YouTube, il dénonce les placements d'enfants décidés par une justice qui "se trompe beaucoup trop". Ses sœurs le qualifient de "manipulateur narcissique, pervers et cruel", l'une de ses anciennes adeptes évoque "un fou furieux". Son avocat, Dylan Slama, lui, décrit une personnalité rationnelle et réfléchie : "Le mot enlèvement d'enfant fait tout de suite peur parce qu'on a l'impression qu'il est enlevé pour faire des choses terribles. Ce n'est pas du tout le cas. Je ne crois pas que ce soit un délinquant."
"C'est quelqu'un qui réfléchit beaucoup, qui pense, qui n'entre pas dans le moule, qui en est sorti et qui essaie d'avoir une réflexion politique."
Rémy Daillet est accusé d'avoir constitué un réseau d'une dizaine de personnes et organisé l'enlèvement de Mia, mais lui préfère parler de "restitution d'enfant".