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DIV Protocol, la startup française qui veut défier Proton sur le chiffrement
DIV Protocol se présente comme une alternative française à Proton, avec un chiffrement zero knowledge et une suite bureautique complète attendue ce mardi 15 septembre. Nous avons interrogé Solan Després, cofondateur de la startup, sur son positionnement face à la concurrence.
Lancée en 2022 par deux associés de 15 ans, DIV Protocol a démarré dans le web3 avant de se recentrer sur une solution de chiffrement pensée pour les entreprises françaises soumises à des obligations de conformité. Douze personnes y travaillent aujourd'hui, avec pour cibles les avocats, les assureurs et les sous-traitants de la défense, avant d'envisager, un jour peut-être, le grand public.
En 2022, Solan Després et son associé ont 15 ans. Ils démarrent avec une idée basée sur le web3 : si on arrive à stocker des images dans des NFT et à en prouver l'authenticité et le détenteur, "on s'est dit pourquoi pas stocker un PDF au lieu de stocker un JPEG", résume Solan Després. Mais récupérer les empreintes cryptographiques de chaque document se révèle trop lourd.
L'équipe change d'approche. Les fichiers restent chiffrés chez des hébergeurs classiques, seules les métadonnées, plus légères, sont ancrées sur la blockchain. DIV Protocol teste d'abord IPFS, le réseau de stockage décentralisé. "Le souci qu'on a eu, c'était les agrégateurs qui étaient pas toujours compliant", explique Solan Després, avant de pointer une technologie déjà vieillissante en 2023-2024. La startup bascule alors vers Solana. La fondation du réseau lui accorde des financements (grants), et DIV Protocol prévoit aussi de développer des blockchains privées pour de grands comptes ou des opérateurs d'importance vitale (OIV).
DIV Protocol s'intercale entre l'hébergement d'une entreprise et ses outils métiers. La startup y ajoute une suite bureautique (drive, visioconférence chiffrée, mail, calendrier) hébergée en France, avec de la redondance chez OVH et Scaleway.
Côté migration des mail, DIV Protocol ne repose pas sur le protocole standard IMAP mais conserve quand même le format .eml. Cela permet donc de rapatrier les anciens mails d'une autre boîte. Le reste, drive et calendrier, se synchronise directement via les API de Google, sans configuration manuelle.
L'entreprise explique vouloir associer le zero knowledge au Bring Your Own Key. "L'idée, c'est d'inverser le rapport de force, rendre le contrôle des données à l'utilisateur", explique le cofondateur. Le client importe sa propre clé de chiffrement, sous forme de seed phrase, et la garde de son côté. "Nous n'avons accès à rien", affirme-t-il.
Concrètement, les données sont chiffrées en AES-256 selon un système de clés en cascade. Une clé dédiée protège la donnée, une seconde clé chiffre la première, elle-même rechiffrée à son tour. Cet empilement doit empêcher DIV Protocol d'accéder aux fichiers de ses clients, même en interne.
Zero knowledge : un modèle où le fournisseur du service ne détient jamais les clés permettant de déchiffrer les données de ses clients.
Seed phrase : une suite de mots générée aléatoirement, qui permet de reconstituer une clé de chiffrement. Qui la détient peut déchiffrer les données ; qui la perd les perd aussi, de façon définitive.