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Après Carcassonne : immersion avec les policiers municipaux, des agents sous pression
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Après les propos racistes et sexistes d’un agent à Carcassonne, comment les autres policiers municipaux vivent-ils cette affaire ? Les équipes de France Télévisions les ont suivis dans plusieurs villes, au contact des habitants.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
C’est jour de grande braderie à Montélimar (Drôme). 40 000 habitants et 41 policiers municipaux en fonction de 8 h à 2 h 30 du matin, au plus près des commerçants et des habitants. Leur mission : sécurité sur la voie publique, problèmes de voisinage et faire respecter les arrêtés du maire.
Ils sont aussi parfois sollicités pour des faits potentiellement plus graves. "Il y a un gars qui prend en photo des enfants dans la rue", rapporte un homme. Les agents préviennent aussitôt le central de vidéosurveillance pour signaler et tenter de retrouver l’individu. "Je trouve qu’on a une police qui est très réactive. C’est très plaisant. Ils sont là aujourd’hui. J’en avais besoin. Ça fait plaisir", partage l’homme qui a prévenu les agents.
Une relation que les agents veulent entretenir, loin de l’onde de choc provoquée par des policiers municipaux de Carcassonne, filmés tenant des propos racistes et sexistes. "Dans n’importe quelle profession, il y a des personnes qui n’ont rien à y faire. Là, apparemment, c’est le cas", commente le brigadier-chef Michael, policier municipal à Montélimar. "Ça stigmatise une profession. Mais je peux vous le dire clairement : on sait le métier qui est le nôtre, et pour montrer que nous nous sommes détachés de tout ça, on va continuer à faire les choses le mieux possible", promet le brigadier-chef principal Xavier, policier municipal à Montélimar.
Être au plus près de la population, c’est encore plus la philosophie de Grenoble (Isère). La municipalité de gauche a remis sur pied une police de proximité hypersectorisée qui semble connaître chaque habitant. Ici aussi, la vidéo de Carcassonne a consterné les policiers municipaux. "Le peu que j’ai pu en voir, c’est à l’exact opposé de ce que devrait être, pour moi, le rapport entre un policier et la population. On essaie d’avoir des relations d’humain à humain. C’est important, parce que sans ça, il n’y a pas de confiance", partage le brigadier-chef principal Pascal, policier municipal à Grenoble.
Pour fluidifier les relations entre police et population, Grenoble, comme seulement 20 % des communes de France, a choisi de ne pas doter ses agents d’armes à feu. "Dans ce contexte-là, ce n’est pas forcément une plus-value", estime le brigadier-chef Pascal.
Retour à Montélimar, ville dirigée par la droite où tout le monde n’apprécie pas la police municipale. Ils sont armés, mais Xavier et Michael estiment leur pistolet semi-automatique indispensable. "On a beau dire police municipale, il est marqué police sur notre uniforme. Si on tombe sur une personne armée qui voit du bleu, il ne va pas faire la différence si c’est un policier national ou un policier municipal. S’il veut faire usage de son arme, il va faire usage de son arme", assurent-ils.
Alors que l’affaire de Carcassonne a relancé la question du contrôle des polices municipales, ce sont les limites de leurs prérogatives qui font aussi débat.