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UVSQ-SAT NG : un laboratoire du New Space académique à la française
Semaine décisive à venir pour les sciences de la Terre et du climat. Le Congrès américain s'apprête à débattre du budget de la Nasa, tandis que le gouvernement de Donald Trump menace de réduire de 50 % les fonds alloués aux sciences. Vu d’Europe, est-ce un désastre ou une opportunité ? Interview exclusive avec Simonetta Cheli, directrice des programmes d’observation de la Terre à l’Agence spatiale européenne (ESA).... Lire la suite
Mis en orbite en mars 2025, UVSQ-SAT NG a été développé au Latmos (Laboratoire Atmosphères et Observations spatiales – CNRS, Sorbonne Université, UVSQ), avec de nombreux partenaires académiques et industriels. Ce nanosatellite poursuit une démarche engagée avec les missions qui l’ont précédé : tester en conditions réelles de nouveaux instruments et de nouvelles méthodes de mesure afin de mieux caractériser le bilan radiatif de la Terre et d’étudier certains gaz à effet de serre.
Dès 2013, des travaux menés avec des étudiants de l’École polytechnique esquissent les premières architectures du concept SERB (Solar Irradiance and Earth Radiation Budget), dédié aux rayonnements solaire et terrestre. En 2015, le projet européen ARM-SAT explore à son tour l’emploi d’un petit satellite pour observer l’atmosphère.
De mission en mission, les technologies gagnent en maturité et les équipes élargissent progressivement leur maîtrise du système spatial : communications, opérations simultanées de plusieurs charges utiles, contrôle actif du pointage, opérations au sol, étalonnage et traitement des données.
UVSQ-SAT est lancé en janvier 2021, Inspire-Sat 7 en avril 2023, puis UVSQ-SAT NG en mars 2025. Chaque mission franchit ainsi une nouvelle étape technologique et scientifique et prépare les instruments, les méthodes et les architectures des missions suivantes.
UVSQ-SAT NG concentre cette montée en maturité dans un format particulièrement compact. Ce nanosatellite nouvelle génération tient dans un format 6U, soit un assemblage de six unités CubeSat standard, pour des dimensions déployées de 111,3 × 36,6 × 38,8 cm et une masse d’environ 10 kilos. Placé sur une orbite basse à environ 600 kilomètres d’altitude, il peut orienter ses instruments vers la surface terrestre, mais aussi vers le limbe de l’atmosphère, le Soleil, le zénith ou l’espace profond.
Il dispose de capteurs radiatifs à large bande (Earth Radiative Sensors, ERS), destinés à caractériser l’éclairement solaire et le rayonnement terrestre sortant, d’un spectromètre proche infrarouge (1 200–2 000 nm, résolution spectrale 1–6 nm) dédié à l’estimation des colonnes de gaz atmosphériques (CO₂, CH₄, O₂, H₂O), et d’une caméra haute définition, la NanoCam, offrant une résolution spatiale inférieure à 30 m par pixel en observation au nadir.
La NanoCam facilite la géolocalisation précise des scènes observées par le spectromètre et apporte des informations sur la couverture nuageuse et la nature des surfaces. Elle peut également observer le limbe terrestre, ouvrant la voie à l’estimation de profils verticaux de température atmosphérique.
Ce type de projet donne corps à un « New Space académique » à la française, fondé sur la maîtrise d’une chaîne scientifique et technologique complète. À partir d’une question scientifique, il devient possible de concevoir et miniaturiser un instrument, de l’intégrer à un satellite, de le tester, de l’opérer en orbite, d’étalonner ses capteurs, puis d’exploiter et d’interpréter les données. Le tout dans des cycles de développement courts et avec une organisation pragmatique.
Semaine décisive à venir pour les sciences de la Terre et du climat. Le Congrès américain s'apprête à débattre du budget de la Nasa, tandis que le gouvernement de Donald Trump menace de réduire de 50 % les fonds alloués aux sciences. Vu d’Europe, est-ce un désastre ou une opportunité ? Interview exclusive avec Simonetta Cheli, directrice des programmes d’observation de la Terre à l’Agence spatiale européenne (ESA).... Lire la suite