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Vols de carburants : des chefs d'entreprise, à bout, tentent de s'adapter pour limiter la casse
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Julien Gasparutto, Margaux Manière, Caroline Thébaud
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Pascal Doucet-Bon
Le carburant est devenu une cible de choix pour les voleurs : les entreprises de transports et de travaux publics sont particulièrement touchées. Dans le Morbihan, l'une d'entre elles a déjà vu disparaître plus de 10 000 litres dans ses engins de chantier. Face à ce fléau, certaines sociétés s'équipent de dispositifs pour mieux protéger leurs biens.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
La scène est entièrement filmée par une caméra de surveillance. Il est minuit, samedi 12 septembre, lorsque deux voleurs ouvrent le réservoir d'une pelleteuse dans le Morbihan. Grâce à un tuyau, ils remplissent méthodiquement des jerricans posés au pied de l'engin. Le gérant de l'entreprise de travaux publics, Pascal Lajaunias, est exaspéré : "Plus de 1 000 litres sur ce site-là avec deux machines différentes, mes collaborateurs sont arrivés lundi matin avec des capots et des bouchons ouverts."
Mais son assurance ne couvre pas ces vols, et il en a déjà subi une trentaine. "Ils sont décontractés, c'est des habitués. Depuis le début de l'année, c'est à peu près 10 000 litres de carburant qui ont disparu", explique le patron. Cela représente "une valeur entre 18 et 20 000 euros, suivant l'indice du cours du jour, tout simplement", indique-t-il.
Le patron demande donc à ses employés de laisser le moins possible de gazole dans les machines et de venir chaque jour avec de quoi tenir la journée. "Dans chaque véhicule de l'entreprise, chacun a sa propre cuve pour pouvoir subvenir au complément de sa machine. Du coup, on a la contrainte d'aller tous les jours sur le siège de l'entreprise et de remplir nos véhicules avec notre cuve qu'on a dedans", indique Yvann Leroc, conducteur d'engins.
À moins de 10 km de là, une entreprise de béton est aussi régulièrement victime de vols sur ses 25 camions, au point que le patron a préféré enlever les bouchons avec serrure sur les réservoirs. "Ils cassent le réservoir, ils percent le réservoir et c'est 400 euros, un réservoir", pointe Arnaud Penpénic, gérant d'une société de fabrication de matériaux. Pour tenter de dissuader les malfrats, Arnaud a donc investi massivement dans un système de détection. "On a installé des caméras à chaque pignon du bâtiment, environ une dizaine de caméras, plus les radars de zone, [ce qui fait] environ 40, 45 000 euros d'installation", détaille-t-il.
Le système fait ses preuves : cette nuit-là, par exemple, on aperçoit deux voleurs qui cisaillent le grillage, mais le déclenchement de l'alarme les oblige à partir.