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Vols de cuivre : les câbles des bornes de recharge désormais ciblés, mais est-il facile de les écouler ?
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La valeur du cuivre attire les voleurs, qui s’attaquent désormais aux câbles des bornes de recharge pour récupérer le métal qu’ils contiennent. Depuis le début de l’année, ces vols se multiplient, rendant alors impossible pour les automobilistes de brancher leur véhicule. Et pour les exploitants, des réparations coûteuses, avec le risque de voir leurs installations de nouveau vandalisées.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Mauvaise surprise pour un automobiliste venu recharger sa voiture électrique. Face à lui, des bornes, mais pas de câbles : "Maintenance en cours", dit l'écran. La réalité est un peu différente : ils ont été volés. "C'est dommage. Quand on est un peu juste, ça peut être compliqué", regrette-t-il. Il devra se brancher ailleurs. Sur une vidéosurveillance, on voit que découper et voler ces câbles ne prend que quelques instants pour ceux qui ont les bons outils. Ici, huit secondes ont suffi. Résultat, à travers la France, les exemples se multiplient depuis le début de l'année : en Bourgogne, en Champagne, ou encore dans le Nord, l'un des départements les plus touchés.
Au total, 757 vols ont déjà été constatés en 2026, un préjudice de 15,5 millions d'euros pour les sociétés propriétaires de ces bornes. "Ça coûte 1 500 euros pour les opérateurs de remplacer ce câble, et en plus de ça, viennent les protections qui coûtent entre 500 et 600 euros supplémentaires", précise Matthieu Dischamps, secrétaire général de Charge France. Des protections nécessaires face au nombre de vols : il faut par exemple compter 600 euros pour mettre des capsules de colorant bleu indélébile, des traceurs GPS, ou encore, une enveloppe robuste, "une gaine renforcée avec du Kevlar, du métal à l'intérieur, pour empêcher la coupe", indique Matthieu Dischamps.
Mais que deviennent ces câbles volés ? Pour le savoir, nous nous mettons dans la peau d'un voleur qui cherche à écouler des câbles auprès de recycleurs professionnels. Nous tournons en caméra cachée : "J'ai des gros câbles de cuivre de 40 mm", annonce-t-on. En principe, c'est plutôt louche, pourtant, le professionnel ne nous pose aucune question sur leur provenance. Il nous propose même de nous payer "par chèque ou virement" et nous demande "une pièce d'identité, c'est tout". Seule contrainte : "un montant à ne pas dépasser". Il nous invite également à "regarder sur Internet" ce que dit la loi.
La loi impose en effet de fournir une pièce d'identité et de ne pas vendre plus de 3 000 euros de cuivre par semestre. Un autre recycleur lui aussi accepte d'acheter nos câbles, et il nous donne ses tarifs : 3,70 euros le kilo. Si le cuivre est dénudé, c'est plus de 10 euros le kilo, soit 50 euros par câble. Enlever le caoutchouc, par exemple en le brûlant, serait le plus intéressant pour les voleurs, d'après un autre recycleur contacté par téléphone : "Votre câble de borne électrique, si vous le brûlez, il n'a plus aucune traçabilité. Il ne reste que le cuivre, et comment vous allez prouver d'où il vient ?", pointe-t-il.
Les voleurs sont de plus en plus prudents, car les enquêtes de police et les perquisitions chez les recycleurs de métaux se multiplient. Les premières condamnations aussi, avec des peines de prison ferme.
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