// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
Au procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, un psychiatre affirme que l'accusé principal souffre d'un stress post-traumatique "indiscutable"
Daniel Zagury a estimé, jeudi devant la cour, que les effets de ce syndrome pourront s'atténuer avec le temps chez Loïk Le Priol, mais pas disparaître totalement.
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
L'enjeu est d'importance pour Loïk Le Priol, 32 ans, qui encourt la perpétuité pour assassinat. Devant la cour d'assises de Paris, jeudi 17 septembre, l'expert psychiatre Daniel Zagury assure que l'auteur des coups de feu mortels sur Federico Martin Aramburu est atteint de manière "indiscutable" d'un état de stress post-traumatique (ESPT).
Le comportement de l'ancien militaire "peut être altéré dans une légère mesure par l'existence d'un trouble post-traumatique", explique le médecin, ajoutant que l'alcool avait pu en amplifier l'effet chez l'accusé qu'il a qualifié, au détour de sa déposition, de "psychopathe de bonne famille".
En cas de reconnaissance d'une altération du comportement de Loïk Le Priol, la peine encourue, comme la période de sûreté durant laquelle tout aménagement de peine est exclu, sont susceptibles d'être revues à la baisse, sauf motivation spéciale de la cour dans le verdict attendu le 25 septembre. Loïk Le Priol nie avoir voulu tuer Federico Martin Aramburu, et encore plus avoir prémédité sa mort, affirmant s'être juste défendu face au rugbyman, en épilogue d'une querelle alcoolisée dans une brasserie parisienne qui avait basculé dans une violence inouïe le 19 mars 2022.
Héritage de ses années dans l'armée, cet ESPT avait été reconnu par la justice en 2022, quand Loïk Le Priol avait été condamné pour l'agression d'un autre militant d'ultradroite. Le syndrome avait également été diagnostiqué par la médecine militaire, après le rapatriement sanitaire mi-2015 de Djibouti de celui qui appartenait alors à une unité d'élite de la Marine. Loïk Le Priol avait à l'époque passé un test dont le score "est sans appel", 73 sur une échelle de 85, rapporte Daniel Zagury. Cet ESPT est "cliniquement (...) parfaitement caractérisé", insiste-t-il face aux jurés.
"Quoi qu'il ait fait, il restera toujours mon fils" : au procès de Loïk Le Priol, le père de l'accusé oscille entre soutien et excuses
Le président de la cour demande s'il peut simuler ce trouble. "Au regard de ses idéaux de virilité" et du fait qu'il y verrait comme un signe de "faiblesse", il aurait plutôt tendance à l'"atténuer", répond Daniel Zagury. Le psychiatre a toutefois relevé que s'il avait "un lien" avec les faits, cet ESPT "n'expliquait pas tout". Il "n'est pas en lui même un facteur criminogène", mais "peut être un acteur d'amplification de la réactivité dans certaines circonstances", a développé le médecin, évoquant l'alcool et le contexte de bagarre.
Avec le temps, les effets de cet ESPT peuvent s'atténuer, mais "disparaître, non". Pour Daniel Zagury, il peut y avoir des "flambées" sur "un fond permanent", notamment dans des "situations exceptionnelles comme celles de ce jour là".
Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?