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Actualité : Mine My Phone : Back Market détourne les codes d’Apple pour dévoiler le coût humain et écologique des smartphones
On le sait, la fabrication d’un smartphone de 200 g requiert l’extraction d’environ 200 kg de matières premières. Mais derrière ce chiffre un peu simpliste se cachent des réalités écologiques et humaines assez méconnues, sur lesquelles Back Market veut lever le voile grâce à son nouveau site Mine My Phone.
© Back Market - Mine My Phone veut faire la transparence sur les minerais contenus dans votre téléphone
C’est une opération de sensibilisation déguisée en pied de nez fait à Apple. Le spécialiste du reconditionné Back Market vient de dévoiler une nouvelle plateforme destinée à montrer les dégâts de la frénésie minière liée au commerce de smartphones.
Astucieusement nommé Mine My Phone, le site reprend les codes esthétiques d’Apple en mettant sur la carte non pas l’emplacement de votre iPhone perdu, mais la provenance des différents métaux qui le composent et l’impact de leur extraction sur le climat, les vies humaines et l’équilibre géopolitique de la planète.
Le but de la plateforme est “d’accompagner les gens pour qu’ils puissent prendre des décisions éclairées sur la consommation de tech”, détaille Marie Castelli, responsable des affaires publiques chez Back Market. Sans culpabiliser le consommateur, le spécialiste du reconditionné veut participer à “changer la discussion autour de la tech” en rendant ludiques et accessibles des sujets souvent présentés comme complexes et lointains.
La carte et les nombreux “points d’intérêt” qui la jonchent se décomposent en trois catégories : “impact environnemental”, “impact humain” et “impact géopolitique”. Il est possible de cliquer sur chacun des points pour obtenir plus d’informations sur le minerai en question, ses effets sur la planète et nos vies, son lieu d'extraction et ce qu’il est possible d’en faire en fin de vie. Plusieurs articles rédigés par des experts accompagnent l’exploration pour offrir un point de vue aussi complet que possible.
Selon un sondage effectué par Back Market, près de quatre personnes sur 10 “sont choquées par le nombre de fournisseurs impliqués dans la fabrication d’un smartphone” et 43 % ignorent que l’extraction du cobalt est associée au travail des enfants en République démocratique du Congo (RDC). Mine My Phone ambitionne donc d’être un outil pédagogique au service de l’allongement de la durée de vie de nos téléphones, mais aussi une plateforme de mobilisation, puisque des outils d’appels à l’action y sont présents.
David Maenda Kithoko, spécialiste de l'extraction minière en RDC.
*“Derrière chaque smartphone, il y a une réalité d’extraction intensive et massive des ressources minières, explique David Maenda Kithoko, spécialiste de l’extraction minière en RDC et fondateur de l’ONG Génération Lumière. Il faut rendre compte de ces réalités pour que les gens puissent être informés de ce type de problématiques en vue d’un changement culturel.”
Le site tente donc de rappeler certains chiffres : 1,4 milliard de personnes à la santé abîmée par l’extraction minière, 407 000 personnes maintenues en situation d’esclavage moderne en RDC, des milliers d’hectares de forêt rasés au Ghana. David Maenda Kithoko rappelle aussi que les bandes armées ont régulièrement recours aux agressions sexuelles et viols pour soumettre les femmes des pays vassalisés. “Je peux affirmer que, pour faire un smartphone comme celui qui est posé sur cette table, il faut comptabiliser deux viols de femmes congolaises”, rappelait-il dans le magazine Climax fin 2024.