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"Ça surprend, mais j'avais des compétences" : à son procès pour corruption et trafic d'influence, Rachida Dati poussée dans ses retranchements
L'interrogatoire de l'ancienne eurodéputée s'est poursuivi mercredi après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris, avec des questions plus incisives sur la convention d'avocate qu'elle a signée avec Renault-Nissan BV, dont Carlos Ghosn était le PDG.
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Rachida Dati sur le gril. L'ex-ministre de la Justice et de la Culture s'est retrouvée plus en difficulté, mercredi 23 septembre, devant le tribunal correctionnel de Paris, où elle est jugée depuis une semaine pour corruption, trafic d'influence, recel d'abus de pouvoir et de confiance. Il lui est reproché d'avoir perçu 900 000 euros d'honoraires d'avocate de 2010 à 2012, de la part de Renault-Nissan BV (RNBV), société dont Carlos Ghosn était le PDG. L'effectivité de son travail, mené en parallèle de son mandat d'eurodéputée et de maire du 7e arrondissement de Paris, est mise en doute. Interrogée lundi par la présidente du tribunal sur ses interventions au Maroc, en Turquie, en Iran et en Algérie pour le compte de RNBV, Rachida Dati a esquivé plus qu'elle n'a convaincu.
Alors à la reprise de l'audience, mercredi en début d'après-midi, les juges assesseurs attaquent d'emblée sur ces missions à l'étranger. Le magistrat à sa gauche se concentre sur "une méga usine à Tanger", dont "l'accord-cadre" a été signé entre Renault et les autorités marocaines en 2008, soit bien avant l'intervention de Rachida Dati. Quel était, alors, son rôle ? "Je n'étais pas dans la technique la plus profonde, j'étais avec les décisionnaires", expose-t-elle. Carlos Ghosn veut s'assurer que le Maroc ira bien au bout du projet, en tenant ses "engagements financiers", développe la prévenue à la barre. C'est donc sur ce point qu'elle est intervenue.
Rachida Dati le maintient : elle devait veiller à ce qu'"il n'y ait pas un caillou dans la chaussure, ou un obstacle". Le tout dans un contexte instable à l'époque au Maroc, secoué par de "très très lourds mouvements sociaux". "D'un trait de plume, on vous prend un investissement !", répond la prévenue du tac au tac. Mais ses réponses manquent de précisions. Sous ce flot de paroles, lâchées d'un débit toujours aussi rapide malgré quelques protestations de la greffière, Rachida Dati cherche à noyer les accusations à son encontre.
De plus en plus incisif, l'assesseur poursuit l'interrogatoire. A l'époque, Rachida Dati n'a pas demandé à être défrayée de ses déplacements au Maroc : elle assure qu'elle profitait de ses voyages personnels pour assurer ses missions professionnelles. "Comment pouvez-vous traiter ces questions au détour de séjours privés ?", s'enquiert le magistrat, qui ne cache pas "l'impression de désinvolture" que cela laisse. "Vous savez, je n'ai jamais fait de vacances balnéaires", rétorque l'intéressée, citant sa "famille à charge" et son "père retraité".
C'est encore sa famille que Rachida Dati invoque, lorsque la juge assesseure à sa droite prend le relais pour l'interroger. Cette fois, elle est questionnée sur sa candidature aux européennes du printemps 2009. "J'avoue que j'ai cédé en allant à cette élection." D'abord par "loyauté" envers le président de la République de l'époque, Nicolas Sarkozy, et pour sa famille politique, l'UMP. Mais aussi pour sa fille, qui n'avait que quelques mois à ce moment-là. "Il fallait que je tienne la rampe", insiste-t-elle.
Là voilà donc propulsée dans les couloirs et l'hémicycle du Parlement européen. "C'est un univers pas du tout hostile, on n'est pas sur la brèche à tout moment, c'était comme une respiration politique", décrit-elle. "Si c'est si agréable, pourquoi y allez-vous si peu ?", rebondit l'assesseure. "J'y allais le minimum, je faisais mon travail, il n'y a pas de dilettantisme comme j'ai pu le lire", s'agace Rachida Dati, qui décrit son travail comme celui d'une "députée de base".
"C'est un peu agaçant d'être toujours caricaturée..."
Si la magistrate insiste tant, c'est que Rachida Dati est soupçonnée d'avoir profité