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Actualité : Baisse des taxes sur les carburants : l’Allemagne ose la mesure que la France refuse d’appliquer
Confrontée à un prix à la pompe qui taquine 3 € le litre, l’Allemagne a décidé de réviser à la baisse ses taxes appliquées au carburant afin de soulager le pouvoir d’achat de la population.
© Pierre Laborde/Shutterstock - L'Allemagne fait un effort fiscal en baissant les taxes sur les carburants pour répondre à la flambée des prix
Alors que le détroit d’Ormuz reste toujours bloqué et que l’Arabie saoudite s’avoue actuellement incapable de fournir l’Europe, la flambée des prix du pétrole provoque des réponses très divergentes au sein de l’UE. L’Allemagne vient ainsi de réduire ses taxes sur le carburant, tout comme l’avaient fait l’Espagne et l’Italie auparavant. Chez nous, Emmanuel Macron dit étudier toutes les options, mais désignant les aides ciblées comme unique solution, du moins pour les ménages les plus modestes.
En Allemagne, le gouvernement de Friedrich Merz a validé une réduction fiscale temporaire de 17 centimes par litre sur le gazole et le sans-plomb. Applicable dès le 1er octobre pour une durée de trois mois, cette mesure apporte une économie directe de 8,50 € sur chaque plein de 50 l, soit près de 15 à 20 % de baisse des taxes sur les carburants.
Alors que les cours du pétrole s’envolent sous l’effet des tensions au Moyen-Orient et des incertitudes sur les exportations étasuniennes, cette mesure budgétaire de 2,5 milliards d’euros offre une bouffée d’oxygène temporaire aux ménages allemands, tout en répondant aux difficultés politiques de la CDU de Merz après les récentes percées dans les urnes de l’AfD à l’extrême droite et de Die Linke à gauche.
De l’autre côté du Rhin, le son de cloche reste radicalement différent. Interrogé la semaine dernière à la télévision, Emmanuel Macron a répété qu’il n’y avait “pas de tabou”, tout en refusant d’engager l’État dans un allègement généralisé des taxes, jugé peu vertueux.
Pour l’exécutif français, le calcul est vite fait : chaque centime de baisse fiscale représente environ 500 millions d’euros de recettes perdues par an. Une ristourne de 20 centimes amputerait ainsi les finances publiques d’un milliard d’euros chaque mois. Après les 7,6 milliards d’euros engloutis dans le bouclier tarifaire de 2022, résultant de la hausse des prix liée à la guerre en Ukraine, Paris refuse donc de mettre à nouveau sous perfusion les carburants fossiles.
Ce grand écart stratégique isole progressivement la France sur la scène européenne après l’envolée du coût de la vie pour les ménages, dont seuls les plus modestes bénéficient de l’aide “grands rouleurs”, elle aussi modeste. Alors que l’Espagne et l’Italie ont déjà actionné le levier fiscal pour amortir le choc pétrolier depuis le printemps dernier, les automobilistes de l’Hexagone continuent de payer leur carburant au prix fort.
Entre la volonté exprimée d’Emmanuel Macron d’inciter les compagnies pétrolières à rogner sur leurs marges et la réalité d’un pouvoir d’achat sous tension, la pression populaire grandit face au modèle allemand, désormais brandi comme exemple par de nombreux opposants politiques.
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