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Le calendrier du Tesla FSD dérape encore : pas de vote européen avant décembre
Pourra-t-on bientôt laisser sa Tesla gérer seule le trajet jusqu’au bureau, en gardant simplement un œil sur la route ? C’est ce que promet le FSD (Supervised) de Tesla, et beaucoup de conducteurs l’attendent. Il va pourtant falloir prendre son mal en patience : on n’est pas près de voir des Tesla rouler en FSD dans les rues de Paris ou de Marseille, ni dans la majeure partie de l’Europe. Pourquoi ? D’abord parce que la France a pour le moment dit non au FSD de Tesla, dans sa forme actuel.
Le calendrier européen n’arrange rien. Le comité technique sur les véhicules à moteur (TCMV), qui réunit à Bruxelles des représentants des États membres autour de la Commission européenne, tient sa prochaine séance le 6 octobre 2026. Le but ? Voter une bonne fois pour toutes afin d’autoriser (ou non) le déploiement de cette technologie de conduite supervisée sur le continent.
Or, comme l’a repéré Electrek le 25 septembre, l’ordre du jour provisoire de cette réunion, publié par la Commission européenne, ne prévoit aucun vote sur le FSD, seulement 25 minutes de discussion sur la demande des Pays-Bas. Le comité ne se réunissant pas de nouveau avant décembre, un vote ne pourra pas intervenir avant cette date. Une vraie déconvenue pour Elon Musk, qui veut imposer son FSD sur notre territoire.
Sur le papier, la demande de feu vert européen vient des Pays-Bas. Le 10 avril 2026, l’autorité néerlandaise RDW a homologué le FSD (Supervised) grâce à l’article 39 du règlement européen 2018/858, une procédure d’exception prévue pour les nouvelles technologies qui n’entrent pas dans les règles existantes. Cette autorisation ne vaut que sur le territoire néerlandais, et c’est pour l’étendre à toute l’Union que le pays a saisi la Commission. Tesla Europe affirmait encore le 1er septembre, sur X, qu’un vote pouvait avoir lieu le 6 octobre, en revendiquant plus de 70 000 utilisateurs du FSD dans cinq pays de l’UE.
Tout n’est pas noir pour autant, puisque sept pays de l’Union ont déjà autorisé cette technologie, dont le Danemark et la Belgique. Ils l’ont fait malgré quelques défaillances qui ont été relevées lors de tests : à Bruxelles, une association de sécurité des piétons a constaté que le FSD dépassait la vitesse autorisée sur 55 % des tronçons limités à 30 km/h qu’elle a testés. Ces feux verts restent toutefois nationaux, et reposent sur l’homologation provisoire des Pays-Bas. Tesla a donc besoin d’une approbation pour l’ensemble de l’Union : si l’UE vote contre, le FSD risque d’être interdit partout.
Pour l’heure, plusieurs pays sont encore opposés au FSD sur leurs routes. C’est le cas de la France, comme dit plus haut, bien que le gouvernement ait finalement autorisé des essais sur route. De leur côté, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne n’ont pas reconnu l’approbation des Pays-Bas. Quant à la Suède, elle a demandé en juin à l’UE de rejeter la technologie de Tesla tant que la firme ne supprimera pas la possibilité de régler le système au-dessus de la limitation de vitesse.
Les régulateurs nordiques s’inquiètent aussi de la gestion des routes verglacées, fréquentes en Scandinavie, et de l’attention du conducteur. Tout cela ne fait pas les affaires d’Elon Musk. Pour être adoptée, la demande néerlandaise doit réunir une majorité qualifiée : au moins 15 des 27 États membres, représentant au moins 65 % de la population de l’Union. Or la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne pèsent à elles quatre environ 58 % de la population européenne. Sans l’accord d’au moins deux d’entre elles, Tesla ne peut pas atteindre ce seuil.
À l’heure actuelle, les sept pays ayant autorisé cette technologie comptent environ 53 millions d’habitants, soit seulement 12 % de la population de l’UE, loin des 65 % requis. Rien ne garantit d’ailleurs que le vote aura bien lieu en décembre, tant le calendrier du FSD en Europe a déjà glissé. Tesla annonçait fin 2025 une homologation néerlandaise pour février 2026, finalement obtenue le 10 avril.
Elon Musk évoquait ensuite un dépl