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Cédric Jubillar à l'épreuve de la reconstitution : "Il est confronté à des éléments pragmatiques auxquels il est incapable de répondre", pointe l'avocat de l'oncle de Delphine
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Cédric Jubillar a-t-il prémédité le meurtre de son épouse, Delphine Aussaguel ? C'est la question à laquelle devra répondre la Cour d'appel de Toulouse au printemps prochain. Pour l'éclairer dans sa décision, une nouvelle reconstitution de la nuit du crime a été organisée à Cagnac-Les-Mines, ce vendredi 2 octobre, en présence de celui qui il y a trois mois est passé aux aveux.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Dans un fourgon banalisé encadré par les gendarmes, Cédric Jubillar arrive à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, vendredi 2 octobre. Les magistrats et les avocats accompagnent le cortège. La reconstitution débute à 9 heures ce matin dans le salon des Jubillar. Minute par minute, l'ancien plaquiste a rejoué le déroulé de la scène.
Il raconte que le soir du 15 décembre 2020, il surprend sa femme allongée dans le salon au téléphone avec son amant. Une dispute éclate alors. À ce moment-là, dit-il : "J'ai vrillé, j'étais dans un état second. Je lui ai serré le cou pendant près de deux minutes en criant : 'Tais-toi, je veux que tu te taises'. Je n'arrêtais pas de répéter ça, 30, 40 ou 50 fois… Je n'ai pas senti ma force." C'est dans cette cuisine, telle qu'elle était à l'époque, que Cédric Jubillar dit avoir tué sa femme.
Une version qui contredit le témoignage de voisin, qui affirme avoir entendu Delphine hurler dans la rue ce soir-là. "Il nie l'avoir tuée à l'extérieur, alors qu'il a été incapable aujourd'hui de soulever le mannequin qui correspondait peu ou prou au poids de Delphine. Et donc, si vous voulez, il est confronté à des éléments pragmatiques auxquels il est incapable de répondre. Et donc, c'est des mensonges, des mensonges, des mensonges et encore des mensonges", estime Me Mourad Battikh, avocat de l'oncle de Delphine Aussaguel.
Ensuite, Cédric Jubillar raconte avoir roulé au milieu de la nuit, droit devant lui, jusqu'à un champ à une quinzaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines. C'est ici, en début d'après-midi, dans un tas de compost apporté spécialement pour la reconstitution, qu'il a creusé, à mains nues, et montré comment il avait enterré le corps de sa femme. Mais a-t-il trouvé cet endroit par hasard, comme il l'affirme, ou a-t-il prémédité le crime ?
Une hypothèse plausible, selon les avocats de la victime. "On peut légitimement se poser la question de savoir s'il n'avait pas repéré l'endroit avant […], puisqu'il a dit à de nombreuses personnes, notamment sa maman, qu'il allait la tuer, l'enterrer et que personne ne la retrouverait", souligne Me Malika Chmani, avocate des enfants Jubillar.
Il y a trois jours, au cours de nouvelles fouilles menées dans ce champ par les gendarmes, plusieurs ossements ont été retrouvés. Ils sont actuellement en cours d'analyse pour savoir s'il s'agit de ceux de Delphine Aussaguel, cachée par son mari sous un tas de terreaux il y a presque six ans.
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