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Anne-Sophie Pic cuisine pour Sophie Adenot dans l’espace : mais pourquoi le goût y change-t-il autant ?
L'agriculture spatiale franchit une étape décisive avec le nouveau programme de l'ESA. Imaginez produire localement la nourriture des astronautes directement en orbite, sans dépendre des coûteux ravitaillements depuis la Terre. Face aux 23 000 euros quotidiens pour nourrir un seul astronaute, cette révolution biotechnologique pourrait transformer l'exploration spatiale à long terme.... Lire la suite
Le voyage spatial de Sophie Adenot touche à sa fin. La relève arrive à bord de l'ISS et l'astronaute française va rentrer sur Terre d'ici quelques jours. La fin d'une épopée de sept mois riches en émotion pour elle, comme pour nous.... Lire la suite
Même les grands chefs doivent composer avec les contraintes de l’espace. Pour sa mission à bord de la Station spatiale internationale, Sophie Adenot a ainsi embarqué des plats imaginés avec Anne-Sophie Pic. Une façon de retrouver un peu des saveurs de la Terre, dans un environnement où la perception des aliments est elle-même modifiée.
[EN VIDÉO] Rencontre avec Sophie Adenot, pilote d'essai d'hélicoptères, promue astronaute par l'ESA. Elle est la deuxième femme française astronaute.
Dans l'espace, un repas ne se résume pas à ouvrir un réfrigérateur et à se servir. À bord de la Station spatiale internationale (ISS), la nourriture obéit à des règles strictes : les aliments doivent être légers, peu encombrants, non friables et surtout capables de se conserver pendant au moins deux ans. La majorité des repas sont donc lyophilisés ou conditionnés dans des emballages permettant leur conservation à température ambiante. Les produits frais, quant à eux, restent rares et arrivent principalement avec les vaisseaux de ravitaillement.
Certaines habitudes terrestres sont également incompatibles avec la vie en apesanteur. Les miettes de pain ou de biscuits, par exemple, peuvent flotter dans la cabine et atteindre les yeux des astronautes ou les équipements électroniques : les tortillas remplacent traditionnellement le pain dans l'ISS. Les boissons et les aliments sont quant à eux conditionnés dans des sachets ou des récipients adaptés, et les plats lyophilisés doivent être réhydratés avant d'être consommés.
L'agriculture spatiale franchit une étape décisive avec le nouveau programme de l'ESA. Imaginez produire localement la nourriture des astronautes directement en orbite, sans dépendre des coûteux ravitaillements depuis la Terre. Face aux 23 000 euros quotidiens pour nourrir un seul astronaute, cette révolution biotechnologique pourrait transformer l'exploration spatiale à long terme.... Lire la suite
Mais pourquoi accorder autant d'importance au goût lorsqu'il suffirait, en théorie, de fournir aux astronautes les nutriments nécessaires ? Parce que manger est aussi une question de bien-être. Une alimentation monotone peut entraîner une « fatigue du menu » et contribuer à une diminution de la prise alimentaire, avec des conséquences possibles sur l'apport énergétique et nutritionnel. La Nasa étudie donc l'acceptabilité des aliments, en prenant notamment en compte leur goût, leur texture, leur odeur et leur apparence, mais aussi les préférences des astronautes.
Mais il y a le plaisir de manger ensemble : dans l'espace, un repas peut constituer l'un des rares moments où les membres d'un équipage prennent le temps de se retrouver. Thomas Pesquet racontait ainsi, lors de sa mission Proxima en 2017, que les six astronautes de l'ISS essayaient de dîner ensemble au moins une fois par semaine, pour recréer « l'esprit d'un vrai dîner terrestre ».
21 mars 2026 : « C’est une tradition : chaque astronaute de l’ESA confie à un chef le soin de concocter des plats réservés aux occasions exceptionnelles – on appelle cela la "bonus food" ! J’ai choisi la cheffe multi-étoilée Anne-Sophie Pic, et dès la première bouchée, nous nous sommes sentis reconnectés à la Terre. Je suis tellement heureuse d’avoir pu partager avec l’équipage cet aperçu de notre gastronomie et de notre terroir ! » © ESA, Nasa, Sophie Adeno