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"J’ai mis du temps à écouter la douleur de l’autre", confie la rabbin Delphine Horvilleur, à la veille des commémorations du 7 octobre 2023
Ces attaques du Hamas sur Israël ont réveillé "tous les fantômes de notre histoire", explique Delphine Horvilleur, la plongeant d'abord dans "la sidération". Un sentiment qui "rend incapable de regarder autre chose que sa douleur".
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"J’ai mis du temps à écouter la douleur de l’autre", avoue mardi 6 octobre sur France Inter Delphine Horvilleur, écrivaine, philosophe et rabbin, à la veille de la commémoration des attaques du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023. Son livre Sermons sous les décombres est publié jeudi chez Olivier Nora Éditions. Elle y décrit notamment le temps qu'il lui a fallu pour se rendre compte de la situation à Gaza et de la souffrance du peuple palestinien, après la contre-offensive israélienne.
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L'écrivaine reconnaît des "angles morts", terme qui aurait d'ailleurs pu être le titre du livre. Après les attaques, elle se souvient de sa "sidération de ce qui vient de se produire" et qui "a réveillé" chez elle et ses proches "tous les fantômes de notre histoire, toutes les angoisses, les terreurs de ces filiations, de ces traumatismes passés". Un sentiment tel qu'il "rend incapable de regarder autre chose que sa douleur".
Et c'est "renforcé par le fait qu'on ne nous renvoie pas toujours les bons mots, qu'on accuse très tôt, qu'on manque d'empathie et que chacun s'enferme dans une empathie exclusive pour les siens", explique-t-elle. En faisant ce travail d'introspection relaté dans son nouveau livre, Delphine Horvilleur raconte : "J'ai regardé et je me suis rendu compte effectivement que dans mes paroles, j'avais mis un moment à être capable de nommer la douleur de l'autre, de voir ce qui se passait en face", notamment les attaques menées par Israël contre la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023, et la souffrance des Palestiniens.
Elle décrit l'année 2025 comme un "virage dans cette guerre, de parler des Palestiniens, de la douleur, du désespoir palestinien qu'il nous faut entendre". En mai, la philosophe et rabbin avait publié un texte sur le média en ligne Tenoua, où elle avait dénoncé "une déroute politique et une faillite morale d'Israël". "Je réalise aujourd'hui, par exemple, que je suis incapable d'aller dans une manifestation où il n'y aurait qu'un seul drapeau", estime Delphine Horvilleur. "Je n'ai pas envie d'être entourée de gens qui ne sont pas capables de voir la douleur humaine, quelle que soit sa couleur, quelle que soit son ethnie", ajoute-t-elle.
Israël-Palestine : "Je suis incapable d'aller dans une manifestation où il n'y aurait qu'un seul drapeau", témoigne Delphine Horvilleur. "J'ai eu besoin de nommer (...) la douleur, le désespoir palestinien".
L'écrivaine, philosophe et rabbin publie "Sermons sous les décombres". Elle est l'invitée de @Ben_Duhamel dans "La Grande Matinale"
Lors de l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, 1 221 personnes avaient été tuées, en majorité des civils. L'offensive lancée en représailles par Israël à Gaza a fait plus de 74 200 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien.
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