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Actualité : Fin des voitures thermiques en 2035 : l'interdiction totale n'aurait plus lieu, la France y renonce à son tour
Il y a un an, Paris jurait avec Madrid de défendre l'interdiction face à Berlin. Selon la presse allemande, Emmanuel Macron s'est depuis entendu avec Friedrich Merz pour l'assouplir encore, contre une concession que la France réclame depuis des mois. Les acheteurs de voitures neuves sont les premiers concernés.
© EUS-Nachrichten / Shutterstock - Emmanuel Macron et Friedrich Merz à Berlin, le 23 juillet 2025. Les deux dirigeants se seraient depuis entendus pour assouplir l'échéance de 2035, selon la presse allemande.
Le quotidien économique allemand Handelsblatt, citant trois sources proches du dossier, affirme qu'Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont arrêté une position commune pour assouplir encore les objectifs de CO2 des voitures neuves à partir de 2035. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung évoque un document conjoint attendu avant le sommet européen de la fin de semaine prochaine. Les grandes lignes seraient fixées, plusieurs paramètres restant en discussion.
Le règlement en vigueur impose 0 g de CO2 à l'échappement des voitures neuves en 2035. En décembre 2025, la Commission a proposé de ramener l'effort à 90 % par rapport à 2021, soit 11 g/km en moyenne. Les 10 % restants devaient être compensés par de l'acier bas carbone européen ou des carburants de synthèse.
Bruxelles estimait déjà que 27 à 29 % des immatriculations garderaient un moteur thermique après cette date.
La Renault 5 E-Tech, électrique assemblée à Douai. Avec ses 3,92 m, elle compterait pour 1,3 véhicule dans le bilan CO2 de Renault grâce aux “super crédits” prévus par Bruxelles.
Paris et Berlin réclameraient 10 points de souplesse supplémentaires, sans la moindre compensation. L'effort réellement exigé pourrait ainsi descendre à 80 %. L'étape de 2030 (-55 %) serait lissée sur cinq ans, de 2028 à 2032, au lieu de trois, ce qui épargnerait de lourdes amendes aux marques en retard. L'opinion, elle, a pris de l'avance : une majorité de Français conteste l'interdiction.
En échange, l'Allemagne accepterait des règles d'origine strictes dans le futur Industrial Accelerator Act. Berlin voulait y inclure des partenaires comme la Turquie, le Vietnam ou le Maroc. Paris entend réserver les avantages aux véhicules produits dans l'Union, face à des marques chinoises qui ont atteint 14 % du marché en septembre dans les cinq plus grands pays européens, selon Barclays.
Pour la voiture électrique, le signal est double. Le texte conserve ses “super crédits” : un modèle de moins de 4,20 m, le gabarit d'une Renault 5, compterait pour 1,3 véhicule dans le bilan CO2 d'un constructeur. Mais une contrainte allégée maintiendra plus longtemps au catalogue des thermiques nettement plus rentables, au risque de freiner le marché de l’électrique.
La Bourse l'a compris mercredi midi : Renault gagnait 1,9 %, Volkswagen 1,74 %.