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Gaz lacrymogène, grenades, LBD… Dans quel cadre les armes intermédiaires sont-elles utilisées pour le maintien de l'ordre par les policiers et gendarmes ?
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Lundi, un jeune de 15 ans a eu la main arrachée par l'explosion d'une grenade policière. En réaction, le ministre de l'Intérieur a annoncé la suspension de l'utilisation des grenades assourdissantes "pour le mouvement lycéen". Cette décision interroge plus largement sur l'utilisation des armes dites de force intermédiaire.
Plus de grenades assourdissantes "pour le mouvement lycéen". Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé, mercredi 7 octobre, sur RTL, la suspension de l'utilisation par les forces de l'ordre de ces armes non-létales pour intervenir lors des manifestations. Une décision prise alors qu'un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée, lundi, à Lens (Pas-de-Calais), près du lycée Auguste-Béhal. Une enquête de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) est ouverte, afin d'établir si le lycéen a ramassé la grenade, comme l'affirment des sources policières, ou bien si elle a atterri sur lui.
L'utilisation des grenades assourdissantes suspendue : quatre questions sur ces armes utilisées par les forces de l'ordre lors des manifestations
Selon Laurent Nuñez, "une grenade assourdissante, pas de désencerclement", serait à l'origine de cette grave blessure. C'est pourquoi "leur usage est suspendu pour le mouvement des lycéens, tant que la lumière n'a pas été faite sur ce qui s'est passé dans cette affaire". Après l'interview, l'entourage du ministre a précisé que le modèle visé par une suspension "à titre conservatoire" était une grenade ASSD, de la marque Alsetex.
Cette suspension sera-t-elle effective ? Dans le télégramme diffusant cette consigne, consulté par franceinfo, le directeur général de la police ordonne le retrait temporaire de "la grenade ASSD projetée par lanceur". Or, comme le souligne Mediapart, cette grenade a été créée pour être lancée à la main. Le ministre de l'Intérieur n'a pas éclairci cette question sur RTL, pas plus que lors de son audition par la commission des lois sur la gestion de l'ordre public, mercredi après-midi.
L'ASSD produit un flash lumineux et surtout une forte détonation de l'ordre de 160 décibels, qui peut entraîner des lésions graves. De "nouvelle génération", cette grenade assourdissante est "en dotation depuis seulement un an dans les rangs des forces de l'ordre", rappelle Le Monde.
Les grenades assourdissantes font partie de la palette des armes dites de force intermédiaire, qui peuvent être utilisées en cas d'attroupement par les forces de l'ordre. Ces dernières ne cessent de le répéter depuis le début du mouvement lycéen : la réponse doit se faire de façon proportionnée et graduée. La première étape passe par le déploiement d'agents en tenue de maintien de l'ordre. En cas d'échec, l'emploi de la force physique peut être autorisé, avant le recours aux lanceurs à eau et aux grenades lacrymogènes à la main.
Grenades au lanceur, grenades à main de désencerclement (GMD), grenades modulaire 2 effets lacrymogènes (GM2L)… Par la suite, les forces de l'ordre peuvent utiliser les autres types de grenades, si nécessaire. Dans l'éventail des armes non-létales à leur disposition, figurent aussi les tonfas et les matraques télescopiques. Et, enfin, les lanceurs de balles de défense (LBD), qui envoient des balles de caoutchouc de 40 mm à une puissance de 220 joules, et constituent le dernier recours avant l'usage des armes à feu. Toutes ces armes de force intermédiaire "sont soumises à des habilitations et les policiers apprennent en formation dans quelles conditions les utiliser", assure à franceinfo une source policière haut placée.
Leur usage est aussi tracé. Ainsi, dans son rapport annuel, rendu public fin septembre, l'IGPN dénombre 1 789 GMD utilisées en 2025. Une année qui "se situe dans la moyenne des chiffres relevés entre 2020 et 2022", mais n'intègre pas 2023, année au cours de laquelle des violences urbaines ont eu lieu, à la suite de la mort de Nahel Merzouk par un tir de policier