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Commerce de détail et points de vente : les terminaux de paiement dans le viseur des cybercriminels
Les commerçants sont une cible régulière des cybercriminels spécialisés dans le vol de données de carte bancaire. Il leur suffit parfois d’appeler un commerce en se présentant comme un technicien, pour capter les informations de vos clients au moment du paiement.
Les coordonnées bancaires de vos clients transitent au quotidien via votre caisse et votre terminal de paiement. Ces données en masse constituent un véritable trésor de guerre des cybercriminels organisés. Ils peuvent installer un programme malveillant sur votre matériel, ou vous appeler en se faisant passer pour un technicien de votre prestataire.
Le paiement en point de vente est, en France, la catégorie la moins touchée par la fraude bancaire. Au premier semestre 2025, son taux de fraude s’élevait à 0,009 %, un niveau historiquement bas, selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement de la Banque de France.
Cybermalveillance.gouv.fr dresse pourtant, dans son rapport d’activité 2025, un tableau plus sombre pour vous. L’organisme public a mesuré une hausse de 45 % des piratages de comptes visant spécifiquement les professionnels, sur un total de plus de 504 000 demandes d’assistance reçues en 2025, tous publics confondus.
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Loin des yeux, dit-on, loin du cœur. Mais ici, surtout, loin du TPE. Un cybercriminel peut parfaitement vous joindre par téléphone et se faire passer pour un technicien de votre prestataire de paiement. Il peut ensuite demander une intervention à distance sur le terminal, par exemple via un logiciel comme AnyDesk, ou vous pousser à accepter le remplacement de votre appareil.
La banque LCL classe cette usurpation de technicien au nombre des principales arnaques aux terminaux de paiement signalées par des commerçants français en 2025. Cybermalveillance.gouv.fr observe aussi, pour l’année 2025, un bond de 159 % des arnaques au faux conseiller bancaire et de 517 % des usurpations de numéro de téléphone. Les cybercriminels en usent de plus en plus, souvent via WhatsApp, pour appuyer leurs appels frauduleux avant une demande d’intervention sur un terminal.
Mais ils fonctionnent également sans installer de logiciel. Un complice distrait votre personnel pendant qu’un deuxième individu échange le terminal contre un appareil identique, reprogrammé pour détourner les transactions vers un autre compte.
Et vous découvrez souvent la substitution seulement après des écarts sur vos relevés bancaires. E-monétique, spécialiste des solutions de paiement, a recensé un cas de ce type. Des cybercriminels ont détourné 750 000 euros en moins de cinq mois, répartis sur plusieurs commerces.
Comme ils ne manquent pas d’imagination, ils achètent un article avec une carte volée et son code confidentiel, puis réclament un remboursement sur un autre moyen de paiement, qu’ils contrôlent. LCL invite les commerçants à repérer la fraude grâce à plusieurs achats coûteux réglés coup sur coup avec des cartes différentes.