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Vos parents vous donne leurs affaires ? Ce que cache ce geste va vous toucher
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Des grands-parents qui distribuent services à thé, bijoux et disques : l'image est familière, mais elle ne reflète pas la tendance générale. Les enquêtes montrent qu'avec l'âge, on se sépare de moins en moins de ses affaires. Quand des personnes âgées choisissent de donner leurs objets de leur vivant, les recherches en gérontologie décrivent des motivations précises : alléger la tâche des proches, choisir les bénéficiaires et faire durer une histoire familiale.
Le tri des affaires avant la fin de vie a connu un large écho avec le « döstädning » suédois, popularisé par un livre devenu un succès mondial. Mais la pratique reste minoritaire. Les travaux sur le rapport des personnes âgées à leurs objets décrivent surtout une tendance à conserver, et éclairent les raisons de ceux qui font le choix inverse.
Le gérontologue David Ekerdt, de l'université du Kansas, décrit l'ensemble des biens accumulés au fil de la vie comme un « convoi matériel ». En théorie, ce convoi devrait s'alléger avec l'âge, à mesure que disparaissent les rôles et les activités pour lesquels les objets avaient été acquis.
Les données disent l'inverse. En 2014, David Ekerdt et Lindsey Baker ont analysé les réponses d'Américains de plus de 50 ans à une grande enquête nationale sur la santé et la retraite. Après 50 ans, la probabilité de se défaire de ses affaires diminue progressivement. Après 70 ans, environ 30 % des personnes interrogées déclarent n'avoir rien trié, donné ni cédé au cours de l'année écoulée, et plus de 80 % n'ont rien vendu.
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Ni l'état de santé ni l'absence de besoin n'expliquent entièrement ce recul. Selon les auteurs, cette inertie préserve le confort et la disponibilité des objets familiers, mais elle peut aussi devenir un souci pour la personne et pour son entourage, notamment lors d'un déménagement ou d'un décès.
Le terme suédois associe les mots « mort » et « nettoyage ». Il a été popularisé par Margareta Magnusson, peintre et illustratrice suédoise, dans un livre paru en 2017 et traduit dans de nombreux pays. Elle y décrivait le tri qu'elle avait dû faire après la mort de sa mère, de sa belle-mère puis de son mari, et la charge que représente une maison entière à vider.
Elle recommandait de commencer vers 65 ans, tout en estimant qu'il n'est jamais trop tôt. Ses conseils pratiques consistaient à commencer par les gros meubles et les vêtements, et à garder les photographies et les objets chargés de souvenirs pour la fin. Margareta Magnusson est morte en mars 2026, à plus de 90 ans.