// CLUBIC — HARDWARE & GADGET
On décrypte le RTX Spark de NVIDIA : le PC de demain qui se paie aujourd’hui
J’ai passé plusieurs jours avec les ingénieurs de NVIDIA à San Francisco pour comprendre le RTX Spark, ce PC qui veut tout faire, du jeu à l’IA locale. Un pari auquel je crois, à condition de bien savoir ce que l’on paie pour aujourd’hui et ce que l’on mise sur demain.
Les présentations de plateformes PC suivent souvent le même scénario, avec une puce plus rapide, quelques graphiques avantageux et la promesse que nous pourrons enfin tout faire sans chercher une prise. Ce que NVIDIA m’a montré avec le RTX Spark est plus engageant, parce que la proposition touche à l’organisation même du portable autant qu’à ses performances. Le constructeur associe un processeur Arm, un GPU Blackwell et une mémoire unifiée, puis fait travailler Microsoft et les éditeurs autour de cet ensemble pour que la machine fasse tourner nos jeux et nos logiciels habituels tout en hébergeant des modèles et des agents capables d’y accomplir des tâches.
C’est ce lien entre l’architecture et le logiciel qui m’intéresse ici. Des cœurs supplémentaires ne servent pas à grand-chose si Windows rationne mal la mémoire, si une application réclame un composant x86 introuvable ou si l’utilisateur doit se transformer en administrateur de son propre serveur d’IA. À l’inverse, une machine qui exécute correctement nos applications, garde ses moyens sur batterie et laisse un agent utiliser ses ressources sans configuration laborieuse pourrait changer en profondeur notre rapport au PC. Pour comprendre ce que NVIDIA met en place, je vais partir des deux puces qui composent le N1X et remonter jusqu’aux outils intégrés à Windows, avant de voir ce que tout cela peut donner une fois confronté à la réalité du marché.
RTX Spark est une plateforme PC à part entière, à ne confondre ni avec la gamme GeForce ni avec le DGX Spark, la mini-station de NVIDIA dédiée à l’IA. Son moteur s’appelle N1X et réunit deux dies gravés en 3 nm par TSMC : l’un accueille le GPU Blackwell RTX, l’autre le CPU, le contrôleur mémoire et les entrées-sorties, conçu avec MediaTek. Le N1X n’a donc rien d’une puce monolithique, et sa nouveauté tient à la façon dont NVIDIA relie ces deux ensembles et organise leur accès aux données.
Le constructeur décline sa puce en deux versions. La première associe neuf cœurs Cortex-X925 et neuf Cortex-A725 à un GPU de 40 multiprocesseurs (SM), soit 5 120 cœurs CUDA, et se limite à 32 Go de mémoire. La seconde passe à dix X925, dix A725 et 48 SM (6 144 cœurs CUDA), avec de 24 à 128 Go de mémoire selon les machines. Chargés des tâches lourdes, les X925 montent à 3,9 GHz sur la première version et de 4,0 à 4,1 GHz sur la seconde selon la configuration, alors que les A725, plafonnés à 2,8 GHz, gèrent les travaux plus légers.
Côté graphique, les cœurs RT de quatrième génération accélèrent le ray tracing et les Tensor Cores de cinquième génération prennent en charge les calculs des modèles d’IA, NVIDIA revendiquant jusqu’à un pétaflop de calcul en FP4. Ces unités servent aussi bien à générer une image qu’à reconstruire celle d’un jeu, mais ces travaux se disputent les mêmes unités lorsqu’ils tournent en même temps. L’ensemble embarque enfin 24 Mo de cache L2 côté GPU et 16 Mo de L3 par cluster CPU.
Lors des échanges, un journaliste a demandé pourquoi le GPU du N1X disposait d’un cache L2 qu’il jugeait plus petit que celui d’un GPU mobile comparable. NVIDIA a invoqué l’architecture mémoire unifiée et la cohérence entre CPU et GPU, sans détailler ce qui justifiait précisément les 24 Mo retenus ni l’effet de ce choix sur les performances.
Sur un portable équipé d’un GPU dédié, le processeur et la carte graphique disposent chacun de leur propre mémoire, si bien que les données préparées par le CPU doivent souvent être copiées, dupliquées ou synchronisées avant que le GPU puisse s’en servir. Le N1X cherche à éliminer une bonne partie de ce va-et-vient en donnant aux deux puces un accès commun à une réserve qui peut atteindre 128 Go de LPDDR5X, soudée à la carte mère et donc imp