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On a testé la puce Nvidia RTX Spark qui veut réinventer le PC : les résultats face à Apple, AMD et une RTX 5070
Tester une plateforme aussi nouvelle n’est jamais simple, alors commençons par poser le contexte.
Depuis des années, un PC portable gamer repose sur le même schéma, avec un processeur Intel ou AMD, une carte graphique Nvidia ou AMD à côté, et chacun sa mémoire. La RTX Spark rompt avec cette organisation. Nvidia assemble dans un même boîtier deux puces gravées en 3 nm par TSMC, un GPU Blackwell de la même génération que les GeForce RTX 50 et un processeur Arm conçu avec MediaTek, qui aligne jusqu’à 20 cœurs Cortex-X925 et Cortex-A725. Les deux dialoguent par un lien NVLink C2C annoncé à 600 Go/s.
L’autre grand changement concerne la mémoire, un sujet très sensible en ce moment avec la pénurie et les prix qui augmentent. Ici, il n’y a plus de mémoire vidéo dédiée, puisque processeur et GPU puisent dans un même stock de LPDDR5X, jusqu’à 128 Go avec un débit de 300 Go/s. Là où une RTX 5070 portable se contente de 8 ou 12 Go de mémoire vidéo selon les modèles, le GPU de la RTX Spark peut se réserver plusieurs dizaines de Go grâce à un curseur dans l’application Nvidia (il faut redémarrer à chaque changement). Pour l’IA locale, cet argument est essentiel, car un modèle doit tenir entièrement en mémoire pour tourner vite.
Là où une RTX 5070 portable se contente de 8 ou 12 Go de mémoire vidéo selon les modèles, le GPU de la RTX Spark peut se réserver plusieurs dizaines de Go grâce à un curseur dans l’application Nvidia.
Nvidia résume son ambition en trois mots, « The One PC », c’est-à-dire une seule machine pour créer, jouer et faire tourner des agents IA. Sur le papier, la RTX Spark ressemble à un PC portable gamer fusionné avec un mini PC dédié à l’IA, et le constructeur annonce plus de 100 images par seconde en 1440p dans les jeux AAA, ainsi que jusqu’à 3 h 30 de jeu sur batterie dans Civilization VII ou Counter-Strike 2. Beaucoup de promesses… et donc un très gros test qui vous attend.
D’habitude, un test compare des machines bâties sur les mêmes fondations. La RTX Spark, elle, change à la fois d’architecture processeur (Arm au lieu de x86), d’organisation mémoire et de gestion de l’énergie. Chaque résultat doit donc être replacé dans son contexte, et c’est pourquoi j’ai découpé ce test en trois volets.
Nvidia est d’abord attendu sur le jeu. C’est son héritage. Face à une RTX 5070 portable, la comparaison est équitable côté fonctionnalités, puisque les deux GPU appartiennent à la génération Blackwell et profitent du même DLSS avec génération d’images multiple. Le reste les sépare toutefois, car la RTX 5070 dispose de sa propre mémoire GDDR7, plus rapide, et d’un budget énergétique qui lui est réservé, alors que la RTX Spark partage une enveloppe de 45 à 80 W entre son processeur et son GPU.
Sans parler de la compatibilité qui complique encore les choses. La plupart des jeux Windows sont compilés pour les processeurs x86 et passent donc, sur Arm, par Prism, la couche d’émulation de Windows qui traduit à la volée les instructions du processeur, le code exécuté par le GPU tournant lui nativement. Certains jeux multijoueurs restent par ailleurs bloqués par leur anti-triche, et d’après Nvidia, Valorant, League of Legends et Call of Duty ne sont pas encore pris en charge. On y reviendra.
Sur ce terrain, la RTX Spark se mesure aux autres machines à mémoire unifiée, les Mac Apple Silicon et les PC équipés du Ryzen AI Max+ 395 d’AMD, eux aussi disponibles en 128 Go. Nvidia y met en avant CUDA, la même base logicielle que ses GPU de datacenter, et j’ai fait tourner une série de modèles de langage de tailles différentes pour voir où la puce est à l’aise et où elle coince. Vous allez voir, il y a de très nombreux tests (et beaucoup d’heures passer dessus).
Ce dernier volet est probablement celui qui sera le moins mesuré dans les tests de nos camarades des autres médias, il est partout essentiel sur cette plate-forme.