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Porsche abandonne l’électrique pour sa future voiture star : le retour surprise du thermique avec la Mission S
Porsche a connu des jours meilleurs. Bien meilleurs même car, il y a encore deux ans, la firme de Stuttgart affichait des marges à deux chiffres : 14,1 % de marge opérationnelle en 2024. Autant vous dire que ce n’est plus le cas aujourd’hui, puisqu’elle est tombée à 1,1 % en 2025, quand Skoda affichait 8,3 % et devenait ainsi plus rentable que Porsche au sein du groupe Volkswagen.
Le constructeur n’échappe pas non plus à la vague d’économies du moment, avec plusieurs milliers de postes bientôt supprimés et des économies substantielles réalisées un peu partout.
Il faut donc un sursaut pour Porsche, et ce sursaut passera, peut-être comme il y a 20 ou 30 ans, par un modèle qui viendra jouer les trouble-fêtes, comme le Boxster en 1996, puis le Cayenne en 2002. Porsche en a montré l’esquisse ce jeudi 15 octobre à New York avec la Mission S, un concept-car qui préfigure une supercar à moteur central installée au-dessus de la sacrosainte 911.
Pendant que le Mondial de l’Auto battait son plein à Paris, Porsche a préféré faire cavalier seul. Quelques jours plus tôt, la marque distillait sur les réseaux sociaux des images de la Carrera GT et de la 918 Spyder, ses deux dernières supercars.
L’allusion était transparente, et elle se confirme : la Mission S est un concept doté d’un moteur central qui préfigure une nouvelle famille de modèles. La vraie nouveauté tient surtout à la stratégie qui l’accompagne.
Jusqu’ici, les supercars signées Porsche étaient des événements ponctuels, produits en série limitée, comme l’étaient une P1 chez McLaren ou une LaFerrari chez Ferrari à l’époque de la Sainte Trinité. Sauf que depuis, cette gamme de modèles est devenue de moins en moins rare à mesure qu’ils se vendent de plus en plus cher.
Car oui, aujourd’hui, les marges se trouvent sur les modèles ultra-exclusifs, et ça, Ferrari, Lamborghini ou encore McLaren l’ont bien compris. Porsche aussi d’ailleurs, car la 911 type 992 compte pas moins d’une vingtaine de séries spéciales et limitées depuis son lancement en 2019 !
Michael Leiters, le patron de la marque, parle désormais d’une plateforme « durable » et « polyvalente », située au-dessus de la 911, et non d’une supercar sans lendemain. Porsche l’écrit noir sur blanc dans son communiqué : pour la première fois, la marque prévoit une supercar disponible en permanence au catalogue.
Cela s’inscrit dans la stratégie « Sportwagenschmiede ’35 », présentée le 7 octobre à Weissach, qui vise une marge opérationnelle de 10 à 15 % à moyen terme et environ 20 % de variantes en moins au catalogue. La mise en scène, elle, ne laisse rien au hasard. La présentation a eu lieu sur un quai du Queens, face à Manhattan, là où les premières photos de la 550 Spyder avaient fait le tour du monde en 1953. Le clin d’œil est efficace, un peu appuyé aussi, et il rappelle que l’Amérique reste un marché décisif pour Porsche.
Sur le papier, le catalogue de références esthétiques est long comme le bras. Les ailes bombées et les phares ronds renvoient à la 911, les bas de caisse qui se fondent dans les signatures lumineuses saluent la génération G, la face avant lorgne vers la GT1 et un peu vers la 918, et la ligne de toit rappelle la 959.