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"La justice", pas "la vengeance" : au procès de l'assassinat de son grand frère sur fond de narcotrafic, un face-à-face attendu entre Amine Kessaci et les accusés
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Le procès d'un règlement de comptes dans le milieu du trafic de drogue marseillais, perpétré fin décembre 2020, s'ouvre lundi à Aix-en-Provence. Parmi les victimes de ce triple assassinat figure Brahim Chabane, grand frère d'Amine Kessaci, devenu un visage de la lutte contre le narcotrafic.
"Mon frère, toi dont je n'entendrai plus jamais la voix, parle. Il est temps. Dis-leur que le narcotrafic, c'est le diable qui déguste ton âme à la petite cuiller." Ces mots, ce sont ceux d'Amine Kessaci, publiés dans son essai Marseille, essuie tes larmes. Il les adresse à son frère Brahim Chabane, victime, à l'âge de 22 ans, d'un règlement de comptes, survenu le 29 décembre 2020, dans un contexte de criminalité organisée liée au trafic de drogue. Près de six ans plus tard, ce dialogue posthume résonne particulièrement. A partir du lundi 19 octobre se tient, à Aix-en-Provence, le procès de cinq hommes, poursuivis pour les assassinats de Brahim Chabane, Réda Khaldi et Nassim Loubani. Ils sont jugés devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, spécialement composée, donc sans jury populaire.
Partie civile, Amine Kessaci doit s'exprimer au cours des trois semaines d'audience, tout comme sa mère, Ouassila Benhamdi. Mais la date est gardée secrète, au moins jusqu'à l'ouverture des débats, pour des raisons de sécurité. Car ce procès s'annonce sous haute surveillance, avec hélicoptère, blindés, snipers et unité d'élite déployés. "Nous avons confiance en la justice", a déclaré à franceinfo son avocat, Pierre-Olivier Sur, avant le début de l'audience. "J'assisterai à tout le procès et je serai debout", a assuré de son côté Amine Kessaci, dans une interview accordée mercredi au Parisien. "Ce procès, pour moi, ne signifie pas la vengeance, il signifie la justice", a-t-il confié à l'AFP.
L'engagement d'Amine Kessaci contre le narcotrafic a commencé avant la mort de son frère Brahim. Mais cet assassinat a transformé son combat en lutte acharnée. Le jeune Marseillais a d'abord accompagné, avec son association Conscience, des familles frappées par la violence liée au trafic de drogue. A l'été 2021, deux marches blanches lui permettent de se faire entendre. Peu après, son combat trouve un écho face à Emmanuel Macron, lorsque le chef de l'Etat se rend dans la ville pour lancer son plan "Marseille en grand". Puis Amine Kessaci s'investit en politique, rejoint Les Ecologistes, avant d'être élu adjoint au maire de Marseille Benoît Payan aux municipales de mars.
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Son visage est médiatisé : le Marseillais incarne désormais la lutte contre le trafic de stupéfiants. Au point d'être placé sous protection policière en août 2025, à la suite des menaces qui se multiplient. En octobre de la même année, il publie le livre dans lequel il s'adresse à Brahim et revient sur les circonstances de son assassinat. "Tu étais dans cette foutue voiture… Tu étais mort comme un animal qu'on fait cramer pour se débarrasser de sa carcasse. Une fin horrible."
C'est le 29 décembre 2020, à 4h45, que le corps de Brahim Chabane est découvert carbonisé sur le siège passager avant d'une Audi S3 incendiée, dans un tunnel sur l'autoroute du littoral, au-dessus de Marseille. Dans le coffre, se trouve le cadavre de l'un de ses amis, Réda Khaldi. Tous les deux avaient 22 ans. D'après les examens médico-légaux, les deux jeunes hommes ont été blessés par balle avant d'être brûlés, selon la méthode dite du "barbecue", devenue courante depuis les années 2000 dans la criminalité organisée marseillaise.
"Juste deux corps sans visage. Juste deux dealers anonymes. Juste deux concurrents éliminés."
Dans cette affaire, il y a aussi une troisième victime, Nassim Loubani. Agé de 24 ans au moment des faits, il apparaît comme le chef du trio. Sa tête criblée de balles et le reste de son corps démembré sont retr