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Beaucoup pestent contre Parcoursup dans la rue, mais la plateforme ne sera pas supprimée, juste améliorée
Le gouvernement a publié ce lundi le bilan de Parcoursup 2026, avec un record de 1 046 000 candidats et 91,5 % de lycéens pourvus d’une proposition d’admission. Il défend ainsi la plateforme en pleine mobilisation lycéenne et étudiante.
Dans un contexte ô combien tendu, le gouvernement a dévoilé ce lundi 19 octobre le bilan de Parcoursup 2026, la plateforme nationale d'admission dans le supérieur que de nombreux lycéens et étudiants voudraient voir disparaître, pancartes à la main, depuis plusieurs semaines. Sur le papier, la machine fonctionne et attire, avec plus d'un million de candidats, du jamais-vu, et une écrasante majorité de lycéens repartis avec une proposition d'admission. Sauf qu'entre ce que mesurent les ministères et ce que vivent les candidats, l'écart demeure, et le communiqué officiel finit lui-même par l'admettre à demi-mot, avec la promesse de modifications, sans parler de suppression.
Commençons par les chiffres, le terrain où l'exécutif se sent le plus à l'aise. La session 2026 de Parcoursup, close le 10 septembre, a réuni 1 046 000 candidats, pour un total de 25 000 formations proposées, apprentissage compris. Cela fait 66 000 de plus qu'en 2025, dont 10 000 lycéens et 23 000 étudiants en quête de réorientation. En trois ans, la foule des postulants a grossi de 129 000 personnes.
Concernant les lycéens, ils sont 603 910 à avoir décroché au moins une proposition, soit 91,5 % de ceux qui avaient formulé des vœux. Dès le premier jour, 66,5 % d'entre eux avaient déjà une réponse positive en poche. Ceux qui ont obtenu au moins une proposition en ont reçu entre 5 et 6 en moyenne. Le taux d'acceptation reste stable à 84 %, et 72 % des lycéens interrogés par l'institut CSA se disent satisfaits de la formation qui leur a ouvert ses portes.
Le ministère de l'Éducation nationale et celui de l'Enseignement supérieure soignent aussi l'argument social. Près de neuf lycéens boursiers sur dix ont reçu au moins une proposition. Selon leurs estimations, les taux de boursiers prévus par la loi ont été décisifs pour près de 19 400 d'entre eux. Sans ce coup de pouce, ils n'auraient vraisemblablement pas obtenu de proposition dans la formation où ils se sont inscrits. Un peu plus de 32 000 candidats ont par ailleurs saisi cet été la commission d'accès à l'enseignement supérieur (CAES) de leur académie, sur fond de « forte pression sur les effectifs », de l'aveu même du ministère. À l'issue de la procédure, 60 lycéens restent accompagnés, presque tous des bacheliers professionnels au profil scolaire fragile, sans avis favorable de leur conseil de classe pour un BTS.
Le taux de 91,5 % que nous citions plus haut dit aussi, en creux, combien de lycéens n’ont décroché aucune place via la plateforme. Sur les quelque 660 000 qui avaient formulé des vœux, environ 56 000 n'ont reçu aucune proposition d'admission, selon nos calculs. Pour eux existe un filet de sécurité, la CAES, une commission présente dans chaque académie qui cherche au cas par cas une formation où il reste de la place. Encore faut-il la saisir soi-même, et le communiqué ne dit rien de ceux qui ne l'ont pas fait, comme une inscription dans le privé, une année de césure, ou un abandon pur et simple ? Les 60 lycéens toujours accompagnés ne concernent donc que ceux passés par ce guichet.
Depuis sept ans, l’institut CSA sonde les lycéens inscrits sur Parcoursup pour prendre le pouls de la procédure. L’édition 2026 montre d’abord que l’accompagnement progresse. 52 % des jeunes interrogés ont commencé à réfléchir à leur avenir dès la seconde, voire avant, plus de huit sur dix ont été aidés par leur lycée à construire leur projet d’orientation, et près de neuf sur dix ont assisté à une séance expliquant le fonctionnement de la plateforme. Les outils numériques gagnent aussi des points, du simulateur qui aide à évaluer ses chances d’admission aux comparateurs qui permettent de départager plusieurs formations. Le passage vers le supérieur reste pourtant source de stress,