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Quatre opérateurs européens, dont Orange, veulent lancer leur propre constellation de satellites pour concurrencer Starlink
La souveraineté, ça ne se déclare pas, ça se construit. Voilà en somme l’état d’esprit qui a probablement animé Vodafone, Telefónica, Deutsche Telekom et Orange lors de leur annonce concernant la construction d’une nouvelle galaxie de satellites internet européens.
Dans un communiqué publié le 19 octobre et remarqué par le Financial Times, les quatre opérateurs ont annoncé leur intention de se lancer dans la course aux Services Mobiles par Satellite (MSS) afin de concurrencer, sans le dire évidemment, le Starlink d’Elon Musk.
Il ne s’agit pour le moment que d’une déclaration d’intention dans le cadre de l’attribution des fréquences MSS après l’année prochaine. Actuellement utilisée par deux entreprises étasuniennes, la bande des 2 GHz sera remise aux enchères post-2027 et Bruxelles souhaite « instaurer une procédure de sélection au niveau de l’UE » afin d’assurer « notre souveraineté technologique, notre sécurité et notre défense ».
La proposition avait déjà été très mal accueillie par SpaceX, mais l’initiative portée par les grands fournisseurs d’accès européens risque de froisser encore plus Elon Musk. Il est question de « renforcer la souveraineté, la sécurité et la résilience de l’Europe dans le domaine des infrastructures de connectivité critiques », d’établir une « gouvernance européenne responsable de ses principales infrastructures spatiales » et de « protéger les communications critiques et soutenir le développement d’une constellation européenne ».
En clair, il s’agit de construire, sans le dire, un concurrent au service étasunien dont la fiabilité, notamment dans le cadre de la guerre en Ukraine, a fluctué au gré des humeurs de Donald Trump.
Très concrètement, le rôle des quatre opérateurs engagés dans la démarche serait de « mettre en place en Europe des infrastructures de réseau au sol essentielles », tandis qu’un « partenaire satellitaire qui reste à sélectionner » aurait la lourde tâche de créer le réseau en basse orbite. L’entreprise française Eutelsat (détenue en partie par l’agence des participations de l’État) et ses 650 satellites pourraient faire l’affaire, mais elle est encore loin des 11 000 et quelques satellites opérés par Starlink.
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Le communiqué d’Orange prend bien soin de noter que cette nouvelle initiative « ne remplace pas les partenariats satellitaires existants », notamment celui opéré via NordNet depuis 2023.
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