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Fiché S, d'ultragauche, déjà condamné… Quel est le profil du suspect de l'incendie de la mairie de Limoges, interpellé ce mardi matin ?
La mairie de Limoges en feu, la toiture et le beffroi de ce bâtiment du 19e siècle qui s'effondrent : c'est l'une des images de la journée de samedi dernier. Alors que Sébastien Lecornu a prévu de s'y rendre vendredi, un homme a été interpellé, mardi. Que sait-on de cet individu ?
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Mardi 20 octobre au petit matin, les enquêteurs sont allés interpeller un suspect à une cinquantaine de kilomètres de Limoges, dans le nord-ouest de la Haute-Vienne, avec l'appui des policiers du RAID. L'homme arrêté a 34 ans et il est bien connu des services de renseignements, étant notamment fiché S pour son appartenance à la mouvance d'ultragauche.
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Les policiers s'étaient intéressés à lui dans une enquête sur l'incendie de huit voitures d'Enedis et d'une antenne-relais, en 2020 et 2021. Ils s'étaient surtout intéressés à son père, un septuagénaire arrêté qui clame son innocence et qui a été condamné, il y a quelques mois, dans ce dossier, à 3 ans de prison avec sursis.
Le trentenaire, lui, a tout de même eu affaire à la justice. Il a été condamné cette année, en appel, à un an de prison avec sursis par la cour d'appel de Limoges, pour des violences sur un policier en marge d'une manifestation dans la Creuse.
Quant à l'incendie de la mairie de Limoges, samedi 17 octobre, on ne sait pas encore quel rôle il a joué. On ignore, par exemple, si le suspect est l'un des deux hommes que l'on voit sur une vidéo. L'un d'eux se tient devant une fenêtre au rez-de-chaussée de la mairie. Il porte un gilet jaune et tient à la main un objet enflammé, qu'il donne à l'autre, vêtu d'un tee-shirt noir et portant une cagoule, se tenant sur l'appui de fenêtre et entrant dans l'hôtel de Ville.
Pour l'instant, les investigations sont entre les mains de la procureure de Limoges, c'est une enquête pour "destruction d'un bien par moyen dangereux en bande organisée", ce qui explique que la garde à vue peut durer 96 heures.
On notera que les policiers de la sous-direction anti-terroriste sont saisis, mais pour leur connaissance de la mouvance d'ultragauche. Ce sont eux, par exemple, qui ont régulièrement enquêté sur les destructions et incendies d'antennes 5G dans la région de Limoges, qui est une terre de contestation assez ancienne, non loin du plateau de Millevaches. Mais le parquet antiterroriste, lui, tâche de comprendre les intentions et le niveau d'organisation des auteurs de l'incendie. Il lui faut déterminer s'il s'agit d'un acte improvisé, d'un mouvement qui a dégénéré, ou d'une organisation qui visait les institutions.
On sait qu'il y avait plusieurs centaines de personnes devant l'hôtel de ville, samedi en fin de journée, dont certains ont empêché un temps les pompiers de travailler. Ce n'est pas nécessaire qu'il y ait une idéologie, précise un connaisseur. Ce qui compte, c'est l'entreprise terroriste, l'organisation, la concertation, pour causer le trouble à l'ordre public par l'intimidation ou la terreur.