// LES NUMÉRIQUES — CYBERSECURITY
Actualité : Lithium “made in France” : la mine de l’Allier pourra équiper 700 000 voitures électriques par an jusqu’en 2075
Un décret paru ce mercredi au Journal officiel donne à Imerys le droit d'exploiter le sous-sol de Beauvoir pendant près d'un demi-siècle. Sous la carrière de kaolin d'Échassières dort de quoi équiper 700 000 voitures électriques chaque année. Le groupe tient enfin son titre minier, mais il lui manque encore 1,8 milliard d'euros et une ultime salve d'autorisations.
© Olivier Corsan / MaxPPP - Sous les gradins blancs de la carrière de kaolin de Beauvoir, à Échassières (Allier), dort l’un des plus grands gisements de lithium en roche dure au monde.
Échassières, dans le sud de l'Allier, vivait jusqu'ici au rythme du kaolin, cette argile blanche chère aux porcelainiers. Son sous-sol change de statut. Le décret n° 2026-969 du 20 octobre 2026, publié au Journal officiel le lendemain, accorde à Imerys Beauvoir, la société de projet du groupe Imerys, la concession de mines de lithium, d'étain, de tantale et de niobium dite "de Beauvoir". Ce titre minier court jusqu'au 23 mai 2075. Il couvre Échassières, Nades et Lalizolle, dans l'Allier, ainsi que Servant, dans le Puy-de-Dôme.
La route du lithium de l’Allier : de la mine d’Échassières à l’usine de conversion de Saint-Victor, près de Montluçon, en passant par le chargement ferroviaire de Fontchambert.
Le projet EMILI (Exploitation de mica lithinifère par Imerys) ira chercher le granite riche en lithium à environ 400 mètres de profondeur. Le minerai sera d'abord concentré sur place. Il filera ensuite vers l'usine de conversion de Saint-Victor, près de Montluçon, qui en tirera de l'hydroxyde de lithium, le sel prisé des fabricants de batteries. L'objectif est de 34 000 tonnes par an, soit la dose nécessaire à quelque 700 000 véhicules électriques selon les calculs d'Imerys.
Le gisement a pris de l'embonpoint au fil des forages. En juillet 2025, le groupe l'a réévalué à 373 millions de tonnes de minerai titrant 1 % d'oxyde de lithium, plus du triple de l'estimation de 2022. Le décret autorise d'ailleurs de nouvelles explorations, en profondeur et vers le sud. Un détail a pourtant disparu en route : le tungstène et le béryllium, inscrits dans la demande d'avril 2025, ne figurent plus dans l'intitulé du texte.
Ces 150 grands projets, ce sont plus de 70 milliards d'euros d'investissement, 30 000 emplois, 63 départements concernés, ce sont en quelque sorte les cathédrales industrielles de l'indépendance française.
Casque vissé sur la tête, le chef de l'État a lancé la formule au cœur même de la carrière. La mine de l'Allier fait figure de porte-étendard de cette liste de chantiers prioritaires.
Quelques semaines après cette visite, l’ingénieur Jean-Marc Jancovici a décortiqué le projet au micro de RTL.
L'addition a gonflé. Chiffré à un peu plus d'un milliard d'euros en 2022, le projet en réclame désormais 1,8 milliard. Imerys invoque des normes environnementales plus strictes et l'inflation. La production commerciale est repoussée à 2030.