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Aux États-Unis, après des paris sur une agression sexuelle, la plateforme Polymarket sous le feu des critiques
Plus de 450 000 dollars de paris ont ainsi été passés avant que la page ne soit supprimée. Les utilisateurs pronostiquaient sur le sort judiciaire de sept étudiants accusés de viol au sein de l'université de Cornell, suscitant la colère et l'indignation.
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Polémique aux États-Unis. La principale plateforme de paris, Polymarket, est très critiquée pour avoir laissé, à partir de fin septembre, ses utilisateurs miser sur d'éventuelles poursuites criminelles contre sept jeunes hommes de l'université de Cornell accusés par une étudiante de l'avoir violée lors d'une soirée. Pendant près de trois semaines, plus de 450 000 dollars de paris ont ainsi été passés par les internautes sur la plateforme avant que la page ne soit supprimée. L'affaire de Cornell date de 2024, mais n'a été révélée que début octobre.
Polymarket : une plateforme en ligne qui permet de parier sur tout et n'importe quoi
Cette affaire fait beaucoup parler aux États-Unis, relançant les débats sur les fraternités et le sentiment d'impunité qui peut régner sur les campus dans les affaires d'agressions sexuelles. De nombreuses personnes se sont donc indignées que de tels paris puissent être hébergés sur Polymarket. Dans un communiqué, la plateforme affirme vouloir "apporter un éclairage objectif, appuyé sur des données, sur les questions les plus importantes de notre époque". Difficile toutefois de comprendre comment des paris en ligne pris par tout un chacun peuvent éclairer cette affaire. Face à ce que Polymarket appelle "la sagesse collective", le pari a finalement été retiré.
Cela n'empêche pas les internautes d'exprimer leur colère, notamment contre le basketteur LeBron James, le réalisateur Spike Lee ou encore la mannequin Emily Ratajkowski. Une quinzaine de personnalités sont prises pour cibles depuis quelques jours. En cause, des contrats publicitaires qui les lient à Polymarket. On les a ainsi vus apparaître dans des pubs diffusées en ligne ou à la télévision. Les internautes et des associations de défense des victimes de violence sexuelle les appellent à se désolidariser de l'entreprise.
Ce n'est pas la première fois que des paris hébergés par Polymarket ou son principal concurrent Kalshi font débat. Si la très large majorité des paris faits sur ces plateformes concernent des rencontres sportives, il y a aussi des prédictions sur d'autres sujets. En janvier 2025, au plus fort des incendies en Californie, les utilisateurs pouvaient ainsi parier sur leur durée ou l'ampleur des dégâts. Il a aussi été possible de miser sur la détonation ou non d'une bombe nucléaire avant que la page ne soit supprimée.
"Quand y aura-t-il un cessez-le-feu ?" : des millions d'euros mis en jeu sur le site Polymarket depuis le début de la guerre au Moyen-Orient
Au-delà des sujets, c'est parfois le profil des utilisateurs qui laisse pantois. En avril, un sergent de l'armée américaine a été inculpé pour avoir parié en ligne sur l'enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela grâce aux informations confidentielles auxquelles il avait accès, réalisant une plus-value de 400 000 dollars. Quelques semaines plus tard, 50 comptes tout juste créés sur Polymarket avaient parié sur un cessez-le-feu dans les minutes à venir entre l'Iran et les États-Unis, juste avant que Donald Trump ne l'annonce, laissant penser à un délit d'initié à la Maison Blanche.
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