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"Il aurait pu être tué", "Contrôles à plusieurs étapes"… Questions sur une grave blessure après un tir de LBD sur un manifestant
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Le week-end dernier, près d'un millier de policiers et gendarmes ont été blessés ; chez les manifestants on compte aussi plusieurs cas de blessures graves. Huit enquêtes de l'IGPN, la police des polices, sont en cours. Comment se déroulent-elles ? Pour le savoir, nous nous sommes penchés sur l'une d'entre elles, celle d'un homme gravement blessé à l'œil samedi dernier, à Strasbourg.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Un manifestant à Strasbourg, dans une flaque de sang, ayant perdu l'usage de son œil : il aurait été touché, selon les passants, par une arme policière, le LBD (Lanceur de Balles de Défense), très utilisé samedi dernier. Sur des images inédites que nous avons authentifiées, on peut voir plusieurs tirs, 20 minutes avant la blessure.
Il est alors 17 h 40 : un policier se sert du LBD contre des individus cagoulés, à plusieurs reprises. Selon la réglementation, le LBD ne doit servir qu'en cas de violences contre les agents. Ils en auraient pourtant fait usage dans un tout autre contexte, selon des témoins que nous avons interrogés.
Quelques minutes plus tard, la foule présente sur le pont s'est dispersée. Dans une rue adjacente, une vidéo tournée une minute avant le tir, à 18 h 02, ne montre aucune violence, aucune insulte. Le manifestant est touché à 18 h 03. "On était en train d'aider les commerçants à rentrer leur marchandise et il s'est fait shooter dans l'œil", témoigne alors une jeune femme présente.
Les policiers sont-ils en tort ? Pour le savoir, l'IGPN, la police des polices, va analyser les vidéos et recueillir des témoignages. Elle va vérifier si les agents ont subi des violences, s'ils n'ont pas visé la tête, et s'ils ont respecté une distance minimale de tir. C'est ce dernier point qui pose problème, selon l'avocat du manifestant, Me Arié Alimi : "C'est totalement illégal, les dégâts sont colossaux. Mon client a perdu immédiatement la vue, il a des fractures, c'est extrêmement impressionnant. Il aurait pu être tué avec un tir pareil à une telle distance", souligne le conseil.
Ni l'IGPN, ni la police nationale n'ont souhaité s'exprimer. Un syndicaliste assure, lui, que le tir de LBD a été décidé par la hiérarchie policière compte tenu du contexte de la manifestation. "Mon collègue qui a tiré, ne l'a fait que sur ordre, et avec des contrôles à plusieurs étapes et à plusieurs niveaux. Le tireur de LBD a également un superviseur", assure Xavier Dupin, secrétaire départemental du Syndicat Un1té Police.
Le parquet de Strasbourg a ouvert une enquête. Toujours à l'hôpital, le manifestant blessé a pu être entendu par l'IGPN.
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