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J’ai testé la batterie solaire Anker Solix Solarbank Max AC de 73 kg : ma maison peut-elle vivre sans EDF ?
Une batterie solaire (ou domestique), d’habitude, ça se raccorde à une installation solaire : les panneaux d’un côté, l’onduleur au milieu, le tableau électrique de l’autre, et un installateur pour relier le tout. La Solarbank Max AC d’Anker prend le problème à l’envers. Elle n’a pas d’entrée pour les panneaux solaires. Elle se branche sur une prise de courant, comme un gros appareil électroménager, et c’est par cette prise qu’elle se recharge et qu’elle rend l’électricité à la maison.
Comment stocke-t-elle alors le soleil ? Les panneaux du toit n’ont pas besoin d’y être reliés : ils injectent leur production dans le réseau de la maison, comme d’habitude. Un compteur posé au tableau électrique (le Smart Meter d’Anker, ou un Shelly) mesure en permanence ce qui entre et ce qui sort.
Quand les panneaux produisent plus que ce que la maison consomme, la batterie absorbe le surplus au lieu de le laisser partir sur le réseau. Le soir, quand la maison tire du courant, elle le rend. C’est ce qu’on appelle un stockage « couplé AC » : tout passe par le courant alternatif de la maison. L’intérêt est évident : on peut l’ajouter à une installation existante, quelle que soit la marque des panneaux et de l’onduleur.
Un détail compte, en revanche : la Max AC branchée sur une prise d’un circuit existant limite sa décharge à 900 watts légalement en France. Pour profiter des 3 500 W de la fiche technique, à la charge comme à la décharge, il faut la raccorder à un circuit dédié, ce qui passe en théorie par un électricien. Le réglage se fait depuis l’application.
Anker me l’a prêtée, et je l’utilise depuis environ un mois. Mais je ne me suis pas contenté de regarder l’application : j’ai mesuré ce qu’elle avale et ce qu’elle rend, au wattheure près, avec deux prises de mesure indépendantes.
Première chose à savoir : la Max AC ne se déplace pas. Elle pèse 73 kg pour 67 cm de haut, 36 cm de large et 33 cm de profondeur. La livraison dans mon garage s’est faite à deux, et même à deux, ce n’était pas une partie de plaisir. La fixer sous un toit ou la monter dans un grenier relève de l’expédition. On la pose une fois, et on n’y touche plus.
En échange, la finition est superbe. La coque est en aluminium, avec très peu de plastique, et l’ensemble respire la qualité, comme tous les produits Anker Solix que j’ai eus entre les mains.
Elle est certifiée IP66 (étanche aux jets d’eau puissants et à la poussière) et résiste à la corrosion marine (classe C5-M) : on peut l’installer dehors, même en bord de mer. Un chauffage intégré maintient les cellules en température jusqu’à −20 °C, ce qui compte : les batteries LFP (lithium-fer-phosphate) qui l’équipent n’aiment pas le froid et perdent de la capacité en dessous d’une quinzaine de degrés.
Quant au bruit, je l’entends à peine, même quand elle se recharge à 1 200 W. Dans un garage, c’est inaudible ; dans une pièce de vie, il faudrait tendre l’oreille.
J’ai mesuré l’électricité à la prise, là où vous la payez, avec deux prises connectées montées en série : une Tapo P110, dont je relève le compteur, et une Sonoff S61s, dont j’additionne les relevés de puissance. Les deux concordent à moins de 1 %.