// LES NUMÉRIQUES — MOBILE & WEB
Dossier : "L’iPhone coûte un Smic" : on a fait les comptes, et la réponse n’est pas celle que vous croyez
Qui n'a jamais entendu dire que s'offrir le dernier iPhone, c'était y laisser un Smic complet ? Derrière cette formule presque passée dans le langage courant se cache pourtant une réalité économique bien plus complexe. Mythe tenace ou vérité historique ? On a sorti la calculatrice pour refaire l'histoire de 2007 à nos jours.
© Les Numériques / image générée par IA - "L’iPhone coûte un Smic" : on a fait les comptes, et la réponse n’est pas celle que vous croyez
C'est sans doute un peu moins vrai, à l'heure où les smartphones pliants redéfinissent la fourchette tarifaire attendue dans l'univers du mobile premium. Reste que l'iPhone d'Apple reste LA référence qui vient en tête au commun des mortels lorsqu'il s'agit de smartphone haut de gamme, grâce à son indéniable popularité. Si bien que dire que "l'iPhone coûte un smic" s'est mué en expression presque figée dont on a tendance à ne plus questionner le fond.
Cette expression, nous l’avons entendue, voire employée. Mais s’agit-il d’un simple raccourci de langage ou cache-t-elle un fond de vérité ? Aux Numériques, nous avons voulu en avoir le cœur net. Une drôle d’idée qui ressemble à une boutade de prime abord, mais se révèle être un véritable casse-tête dès que l'on gratte le vernis.
Très vite, les premières questions existentielles apparaissent : de quel Smic parle-t-on ? Le brut ou le net ? Et pour l'iPhone, quel coût faut-il retenir ? Celui affiché en boutique ou le coût réel, dissimulé dans les méandres d'un abonnement sur 24 mois ? Pour y voir un peu plus clair, nous nous sommes donc plongés dans près de 20 ans de données afin de répondre à la question : quand — et quel iPhone — a réellement coûté un Smic ?
Afin de vous proposer l’analyse la plus rigoureuse possible, il était évidemment important d'établir une méthodologie, et surtout de comparer ce qui peut l'être. Car la commercialisation de l'iPhone en France a eu deux vies, ce qui impacte grandement les possibilités de comparaisons tarifaires.
À sa sortie en France en 2007, l'iPhone est une exclusivité Orange. Les forfaits sans engagement tels que nous les connaissons aujourd'hui n'existent pas. La loi oblige certes l'opérateur à proposer une solution de déblocage, mais celle-ci est payante. Dans les faits, les premiers acquéreurs sont donc quasi exclusivement des abonnés Orange engagés sur 24 mois après avoir déboursé 399 €. Une somme qui peut sembler raisonnable aujourd'hui, mais stratosphérique à une époque où le très haut de gamme concurrent, le Nokia N95 8 Go, est proposé à 199 € avec abonnement.
Le premier iPhone de 2007 imposait de souscrire un coûteux abonnement chez Orange.
Mais le plus important est ailleurs. Effectivement, le coût réel n'était pas seulement le prix facial du téléphone, mais bien la somme de ce dernier et des 24 mois de forfait obligatoires. Pour comparer équitablement les époques, il nous a donc semblé indispensable de calculer le TCO (pour Total Cost of Ownership, ou “coût total de possession” en bon français). Pour les années récentes, où l'achat “nu” est devenu la norme, nous avons ajouté au prix du téléphone le coût d'un forfait moyen sans engagement sur 24 mois (environ 15 €/mois, un chiffre en ligne avec les rapports de l'Arcep) pour maintenir une base de comparaison.
Nous avons donc retenu deux indicateurs principaux, rapportés au Smic mensuel brut (la référence pour les comparaisons économiques) : le prix “nu” du téléphone pour mesurer le choc financier immédiat, et le TCO sur 24 mois pour mesurer l'effort financier global.