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"C'est pour garder une certaine distance" : l'arsenal des forces de l'ordre remis en question durant les mobilisations contre la vie chère
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Julien Gasparutto, Margaux Manière, Caroline Thébaud
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Pascal Doucet-Bon
Depuis le début du mouvement social initié par les lycéens, la stratégie du maintien de l’ordre mise en place par le ministère de l’Intérieur a été questionnée. Au cœur des critiques : les armes dites intermédiaires, lanceurs de balles de défense et grenades qui peuvent causer de graves blessures. Ces armes sont-elles trop dangereuses ?
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Un manifestant est blessé à terre. La scène se passe lors de la dispersion d’une manifestation non autorisée à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Sur des images, on voit un projectile rebondir sur le dos du jeune homme, puis sur son épaule, avant d’exploser. Le manifestant est touché à la main. Selon plusieurs policiers, interrogés par France Télévisions, il pourrait s’agir d’une grenade GM2L, assourdissante et lacrymogène, une arme de force intermédiaire, utilisée aussi à Paris et que les autorités considèrent nécessaire au maintien de l’ordre. Le parquet de Clermont-Ferrand indique ouvrir une enquête. Dans son communiqué, il écrit que la blessure "pourrait avoir été causée par une grenade lancée par la police".
À Toulouse (Haute-Garonne), une autre enquête est en cours. Un manifestant de 20 ans a également été blessé samedi 24 octobre à la main lors de la dispersion du cortège. L’un des premiers secouristes témoigne anonymement : "Le seul truc qui est circonstanciel, c’est qu’on sait qu’il y a eu des lancers de grenades assourdissantes et de grenades de désencerclement juste avant."
Ces images relancent le débat sur l’utilisation d’armes qui peuvent provoquer de graves blessures. Dimanche, le ministre de l’Intérieur affirme que leur usage est resté sous contrôle. "Il ne m’est pas remonté de gestes disproportionnés à date, et l’engagement de la force s’est fait selon les instructions, chaque fois qu’il y avait des prises à partie", assure Laurent Nunez.
Les policiers estiment que ces armes sont essentielles sur le terrain, notamment quand les sommations ont échoué. "C’est pour garder une certaine distance entre les forces de l’ordre et les manifestants, saturer en gaz et pour que les gens évacuent la place ou la rue qu’ils doivent quitter." Les autorités partagent de leur côté des images d’armes saisies dans les sacs des manifestants samedi, des mortiers d’artifice ou un tronc d’arbre bardé de clous. Cinquante-trois membres des forces de l’ordre ont été blessés lors des heurts de fin de cortège.
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