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"On les a vus passer au milieu des CRS sans problème" : la police a-t-elle protégé des militants violents d'ultradroite lors des manifestations samedi ?
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Plusieurs vidéos montrent des groupuscules d'ultradroite agresser des manifestants dans plusieurs grandes villes, parfois sous les yeux des forces de l'ordre, qui semblent étonnamment passives. Plusieurs responsables politiques accusent la police d'avoir par endroits protégé les militants d'ultradroite. Le ministre de l'Intérieur dément. "L'Œil du 20H" a enquêté.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
A Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), samedi 24 octobre, ils ne défilaient pas contre la vie chère. Partout en France, des membres de l'ultradroite ont provoqué des bagarres, jeté des projectiles, parfois sous les yeux des forces de l'ordre. Alors, que s'est-il réellement passé au cours des manifestations ce week-end ? A Rouen (Seine-Maritime), parmi les manifestants, on retrouvait un groupuscule aux slogans identitaires. Des insultes, des bagarres… Et ce n'est pas le seul groupe d'ultradroite à être descendu dans la rue ce week-end.
En analysant des dizaines de vidéos, "L'Œil du 20H" a noté la présence de la mouvance d'ultradroite dans au moins 15 villes, une présence confirmée par le ministère de l'Intérieur. Officiellement, ils étaient là pour défendre les commerçants, en portant des brassards blancs. Une idée lancée après les pillages du 17 octobre par un influenceur fitness, Alpha Rise. "On se dispatchera devant chaque commerce en ayant besoin, et on fera ce qu'on appelle de la dissuasion. Je ne parle pas de violence, je parle juste de dissuasion", expliquait en amont de la mobilisation Charlie Mombert, créateur du site alpha-rise.fr. France 2 a contacté Alpha Rise, qui ne nous a pas répondu.
Certains qui se réclament de son mouvement ont bien été violents. A Nice (Alpes-Maritimes), des brassards blancs étaient présents avec d'autres intentions. Des affrontements ont éclaté en centre-ville. Une violence annoncée en amont dans leur groupe Telegram, que nous avons pu infiltrer. "RDV samedi pour cassez [Sic] du bougnoule", écrit un participant. Onze d'entre eux ont été interpellés après les débordements.
Mais dans d'autres villes, l'attitude des forces de l'ordre est critiquée. Exemple à Montpellier (Hérault), où des brassards blancs sont impliqués dans une bagarre de rue. Les CRS finissent par charger la foule, mais sans arrêter des brassards blancs, qui continuent à porter des coups. Toujours à Montpellier, un individu masqué frappe un homme à terre. Les CRS récupèrent la victime, l'un d'eux la tire sur quelques mètres. Mais à aucun moment sur ces vidéos, ils n'interpellent son agresseur. Le photographe qui a filmé la scène s'interroge sur l'attitude des forces de l'ordre : "C'est un systématisme. A plusieurs reprises, on les a vus agiter leurs petits chiffons blancs et passer au milieu des CRS sans problème. Il y avait pas mal de signes de complicité", constate-t-il, joint par téléphone.
Des images visibles dans d'autres villes. Les autorités avancent que ces militants d'ultradroite n'ont pas été systématiquement interpellés dans le contexte très dur de la gestion de l'ordre public. Et ce matin, le ministre de l'Intérieur a rejeté toute bienveillance à leur égard. "Je veux couper court à ces rumeurs. A aucun moment, évidemment, la police ne les a protégés. A aucun moment, ils n'ont travaillé en concertation avec des policiers et des gendarmes, bien évidemment", a assuré Laurent Nuñez, sur RMC, lundi. Des enquêtes sont en cours à Rouen et à Montpellier. A Nice, plusieurs membres de l'ultradroite seront jugés dès mardi pour association de malfaiteurs.
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"Il faut que nos élèves retiennent que dès cette année, ils vont voir leur vie changer", souligne le ministre Édouard Geffray, qui détaille les mesures à plus de "5-6 mill