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Actualité : “Les probabilités d’un krach profond et sévère de l’IA augmentent rapidement” : les géants de l’IA ont plus de dettes que celles qui ont fait chuter le monde en 2008
Les géants de l'IA dépensent bien plus qu'ils ne gagnent, et ils comblent le trou à crédit. Neuf d'entre eux, de Nvidia à Microsoft, cumulent désormais 3 700 milliards de dollars de dette, davantage que les prêts immobiliers toxiques à l'origine de la crise de 2008. Un rapport américain publié le 16 octobre décortique ce château de cartes. En cas d'effondrement, la note atterrirait dans l'épargne retraite des ménages, jusque dans les PEA et assurances-vie des Français.
© Blur_Stock - Derrière l’euphorie de l’IA, une montagne de dettes que les marchés commencent à regarder en face.
Le 16 octobre, l'Open Markets Institute, think tank de Washington voué à la lutte contre les monopoles, et l'Americans for Financial Reform Education Fund ont publié une étude au titre sans fard : "Préparez-vous à l'impact". Ses auteurs, Matthew U. Scherer et Maya Jenkins, y dissèquent les finances d'Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft, Oracle ou OpenAI. Le site américain Futurism l'a relayée le 26 octobre. Sans fixer d'échéance, le document dresse l'inventaire des ingrédients d'une crise sérieuse, tous réunis selon ses signataires.
Les probabilités d'un krach profond et sévère de l'IA augmentent rapidement.
En 2026, les acteurs de l'IA engloutissent plus de 1 000 milliards de dollars dans leurs infrastructures. La vente de produits d'IA générative n'en rapporte qu'une maigre fraction. Pour combler ce gouffre, ils empruntent à tour de bras et multiplient les montages acrobatiques : financements circulaires qui gonflent les revenus, sociétés écrans qui éloignent la dette des bilans.
Alphabet, Amazon, AMD, Broadcom, Meta, Microsoft, Nvidia, Oracle et SpaceX totalisent ainsi 3 700 milliards de dollars de dette, d'après le résumé du rapport. À son pic de 2007, la dette hypothécaire subprime atteignait 2 300 milliards, en dollars de 2026.
La dette cumulée de neuf géants de la tech dépasse celle des subprimes à son pic de 2007, juste avant la crise de 2008.
Tout s'imbrique. Le data center d'Abilene, au Texas, premier site du projet Stargate, relie OpenAI, Oracle, Nvidia, SoftBank, Crusoe, Blue Owl Capital et JPMorgan Chase par un écheveau de baux, de prêts et de participations. Qu'un maillon cède, et la secousse se propage.
Cette dette spéculative est reconditionnée puis revendue à des fonds de pension, à des fonds de dotation universitaires et à d'autres investisseurs institutionnels. Le schéma rappelle furieusement celui des subprimes. Les auteurs visent aussi les assureurs vie rachetés par des fonds de capital-investissement et gavés de créances risquées.
Ce passage du rapport a fait le tour de X le 21 octobre. Pour l'économiste Steve Hanke, professeur à l'université Johns Hopkins, il explique la ruée des investisseurs vers les assurances contre le défaut de paiement, censées les protéger de l'éclatement "inévitable" de la bulle.