// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
"La France, c'est nous" : une semaine après l'attentat raciste à Trappes, un rassemblement "pour faire face aux discours xénophobes"
Un rassemblement a eu lieu vendredi soir à Trappes (Yvelines), une semaine après un attentat raciste qui a causé la mort d'un homme noir de 26 ans, Pengo Bossio Wangi, et blessé sept personnes, dont une fillette.
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
Alors que le jour décline, l'effervescence monte à Trappes (Yvelines), vendredi 30 octobre. Pour pénétrer sur la place des Merisiers, il faut passer les accès sécurisés. Le quartier est bouclé et les policiers nombreux, dans le centre névralgique de cette ville scindée par la N10. Des grappes de personnes convergent à pied pour se rassembler en hommage aux victimes de l'attentat raciste survenu une semaine auparavant, qui a fait un mort, Pengo Bossio Wangi, un Français noir de 26 ans, et blessé sept personnes, dont une fillette de 11 ans grièvement touchée à La Verrière, ville voisine.
Ce rassemblement, à l'initiative du maire de Trappes, Ali Rabeh (Génération.s), est aussi organisé pour dénoncer "le racisme, l'islamophobie et toutes les formes de haine". Car l'assaillant a admis avoir ciblé des personnes "musulmanes, africaines ou nord-africaines" et choisi Trappes, considérée à ses yeux comme "un repaire d'islamistes".
"On est là pour faire face au racisme et aux discours xénophobes, pour dire stop à tout ça. On en a assez de tous ces discours qui se banalisent dans la rue et les médias", lance Brahim Jbara, un élu de la majorité de Mantes-la-Ville, qui se revendique sans étiquette. Il est venu avec le maire de cette commune des Yvelines et d'autres membres du conseil municipal, écharpes tricolores en bandoulière. "On représente la France et sa diversité", insiste-t-il.
"On veut dire aux Trappistes qu'ils ne sont pas seuls. Demain, ça peut être nous."
Leur délégation n'est pas isolée : d'autres élus du département, de Seine-Saint-Denis ou encore de Paris ont fait le déplacement. Ils se regroupent sur la place des Merisiers et se saluent, pendant que des personnalités politiques, principalement de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier et Ségolène Royal, s'apprêtent à monter sur la scène installée devant le commissariat de Trappes.
Dans la foule qui grossit peu à peu, de nombreux drapeaux français flottent au vent et s'affichent en miroir sur le grand écran installé à côté de l'estrade. Ils ont été distribués au niveau des accès installés autour de la place. Une jeune étudiante noire de 20 ans, habitante de Trappes, qui préfère garder l'anonymat, en a pris pour afficher les couleurs de la France. "Ça me concerne directement. [L'attentat] est un acte motivé par du racisme", souligne-t-elle pour expliquer pourquoi elle est venue ce soir.
"On a toujours l'impression de déranger" : après l'attentat de Trappes, des personnes racisées racontent la peur et les discriminations
Comme elle, plusieurs milliers de personnes ont fait le déplacement. Ils sont 12 000, selon les organisateurs. Des pancartes sont brandies, avec des slogans comme "Le racisme blesse, le racisme tue", "Nous ne sommes pas des cibles, nos vies comptent" ou "Le racisme n'a pas sa place". Sur un carton, Emilie, venue en famille de la commune voisine du Mesnil-Saint-Denis, a écrit le message suivant : "Les problèmes du monde ont commencé lorsque les zèbres à rayures blanches ont commencé à détester les zèbres à rayures noires." Une façon de "montrer la débilité de certains", explique cette femme de 31 ans.