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Loir-et-Cher : un combat de près de 40 ans pour la "petite martyre de l'A10"
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Près de 40 ans après la mort tragique de la fillette Inass Touloub à Suèvres (Loir-et-Cher), le procès de ses parents s'ouvre lundi 2 octobre. Il s'agit d'une délivrance pour les habitants de ce village meurtri et longtemps dans l'interrogation.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
C'est tout un village qui attend désormais l'épilogue de l'une des plus grandes affaires criminelles. Depuis 40 ans, Raphaël Pilleboue se rend chaque semaine dans le cimetière de son village de Suèvres (Loir-et-Cher) avec une émotion particulière à l'approche d'une tombe régulièrement fleurie. "Nous nous trouvons devant la tombe d'Inass (Touloub), petite fille qui a été inhumée en 1987 à la suite de la découverte de son corps le long de l'autoroute en août 1987", souffle l'ancien maire de la commune.
Une petite fille de quatre ans, restée anonyme pendant trois décennies, mais adoptée et veillée par ses habitants. "Au début, c'était une petite qui, pour nous, avait une famille qui allait la réclamer rapidement. Sauf qu'au fur et à mesure que le temps passait, on s'est aperçu de tous les sévices qu'elle a subis et on s'est pris de cœur pour elle", dit Raphaël Pilleboue.
Le maire et ses habitants ne vont cesser de suivre l'enquête. Le 11 août 1987, le cadavre d'une enfant est retrouvé en contrebas de l'autoroute A10, à proximité de Suèvres. Sur son corps se trouve une succession de brûlures, morsures et plaies ouvertes. Sans identité ni personne pour la réclamer, elle hérite du surnom de la "petite martyre de l'A10". Une enquête hors norme débute alors : 6 000 personnes sont interrogées et 65.000 écoles visitées et, pour la première fois, 135.000 appels à témoins sont placardés aux quatre coins du territoire.
Derrière ces investigations tentaculaires se trouve un homme, le juge d'instruction Georges Domergue, qui a fait de cette affaire l'un des combats de sa vie. "On se retrouve en face d'un petit corps et il y a comme une sorte de rattrapage. C'est-à-dire que, bizarrement, on veut lui donner l'affection que, visiblement, elle n'a pas eue, l'amour qu'elle n'a pas eu en tant qu'enfant. On voudrait presque la rassurer", remet-il.
La persévérance des enquêteurs finit par payer. Au printemps 2017, coup de théâtre, un homme est arrêté après une bagarre. L'analyse de son ADN démontre qu'il s'agit du jeune frère de la petite martyre. Les gendarmes remontent alors la piste jusqu'aux parents qui sont interpellés et mis en examen pour meurtre et violences habituelles sur mineurs. Alors que leur procès s'ouvre lundi 2 novembre, les habitants ont souhaité se porter partie civile et accompagner un peu plus une petite fille devenue l'une des leurs. "J'espère qu'avec ce procès, on pourra définitivement dire qu'elle repose en paix", assure Fédéric Dejente, maire (SE) du village. Les parents d'Inass, âgés de 74 et 72 ans, encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
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