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"Petite martyre de l'A10" : "Il va falloir que les réponses soient apportées" lors du procès, espère Frédéric Chevallier, l'ancien procureur de Blois
Le procès s'ouvre lundi afin d'éclaircir les circonstances de la mort d'Inass Touloub identifiée en 2018, fillette de quatre ans retrouvée sans vie sur le bord de l'autoroute en 1987.
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"Il va falloir que les réponses soient apportées" lors du procès des parents de la "petite martyre de l'A10", qui s'ouvre lundi 2 novembre devant la cour d'assises du Loir-et-Cher à Blois, espère lundi sur ICI Orléans le procureur Frédéric Chevallier. Il était en poste à Blois quand Inass Touloub a été identifiée en 2018 comme étant la "petite martyre de l'A10", fillette de quatre ans retrouvée morte sur le bord de l'autoroute en 1987.
De la découverte du corps d'une fillette anonyme au procès de ses parents, près de quarante ans d'enquête sur "la petite martyre de l'A10"
Frédéric Chevallier, désormais procureur de Chartres et président de la Conférence nationale des procureurs, se souvient parfaitement du jour où la fillette a été identifiée. "J'étais investi d'un devoir de poursuivre, d'un devoir de mémoire et d'une obligation d'arriver à la vérité, c'est ce qui s'est produit", se souvient-il. Au moment de l'annonce du dénouement de l'affaire, le 14 juin 2018, il se rappelle avoir ressenti "beaucoup d'émotion, c'était un moment intense".
Pour lui, c'était d'abord "un aboutissement, parce que ça faisait plus de 30 ans qu'on cherchait à savoir ce qui avait pu se passer pour cette petiote". "On a réussi ce jour-là, grâce à l'action déterminée des gendarmes de la section de recherche d'Orléans, à mettre un prénom et un nom" sur l'enfant retrouvée morte le 11 août 1987. La fillette portait de nombreuses traces de sévices. "C'était redonner un moment d'humanité à des années d'inhumanité", décrit-il.
Pour la justice, cette annonce était aussi un commencement "parce qu'on savait qu'il y avait une information judiciaire qui allait s'ouvrir et se poursuivre". Le procès qui démarre lundi va durer douze jours, "on arrive huit ans après à ce jour de vérité. C'est un peu long, mais c'est comme ça", témoigne le procureur. Ce sont deux accusés qui comparaissent devant les assises du Loir-et-Cher. Il s'agit des parents d'Inass Touloub : Ahmed Touloub et Halima El Bakhti, habitant à Villers-Cotterêts, dans l'Aisne, et en région parisienne, et parents de six autres enfants.
"Je vais m'intéresser quotidiennement au procès, déclare le procureur, comme beaucoup de Loir-et-Chériens, mais aussi de Français de manière plus générale, parce que c'est une affaire assez incroyable", dont il "aimerait bien que ça ne se produise jamais". "Mais malheureusement, c'est aussi le résultat de notre civilisation, c'est-à-dire qu'il y a encore des tout jeunes enfants qui peuvent sans doute mourir sous les coups de leurs parents", regrette-t-il.
Les parents d'Inass, arrêtés le 12 juin 2018, se sont toujours rejeté la faute, s'accusant mutuellement de violences conjugales. Sortis de détention provisoire en 2019 et 2020, ils sont actuellement libres sous contrôle judiciaire. Le père a reconnu en garde à vue avoir abandonné le corps de la fillette sur le chemin des vacances en allant au Maroc, rappelle ICI Orléans, mais selon son avocat, il assure ne pas avoir été présent au moment des faits et ne pas avoir eu connaissance des sévices infligés à sa fille. La mère, 72 ans, a toujours nié être responsable de la mort de sa fille. Elle est poursuivie pour "torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort" sans intention de la donner. Le père, 74 ans, est jugé pour "complicité".
"On verra bien ce que la justice pourra déterminer. Moi, ce que j'attends de ces douze jours, c'est des réponses à des questions qui se posent, parce que je crois que tout le monde en a besoin, sans doute au premier titre à la fois Inass, et ses frères et sœurs qui se sont constitués parties civiles. Tout le monde attend les réponses", conclut-il.