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"Martyre de l'A10" : près de 40 ans après, les parents d'Inass Touloub jugés aux assises
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Julien Gasparutto, Margaux Manière, Caroline Thébaud
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Pascal Doucet-Bon
Lundi 2 novembre, à la barre, la mère d'Inass a reconnu des violences, mais contesté avoir volontairement donné la mort à sa fille. Jugé pour complicité, son père, aujourd'hui âgé de 72 ans, assure, lui, n'avoir jamais touché à ses enfants. Des déclarations qui ne convainquent pas les habitants de la région. "Qui est coupable ? Pourquoi ? Comment on en arrive à, pendant deux ans, faire subir un martyre à un enfant de 3 ans, 4 ans ?", lance Raphaël Pilleboue, ancien maire de Suèvres.
Ce texte correspond à une partie de la transcription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
C'est sous les huées, la tête dissimulée par une écharpe, que la mère d'Inass Touloub, aujourd'hui âgée de 74 ans, quitte le tribunal de Blois, pourchassée par des membres de l'association Mouv'Enfants. "Cette petite, en réalité, elle est seule. Elle est encore seule aujourd'hui, hormis les associations qui sont là pour défendre ses intérêts. Mais bien sûr que nous, on a accompagné la sortie de sa mère, de son bourreau", explique Arnaud Gallas, président de l'association Mouv'Enfants.
Plus tôt dans la matinée, les parents sont arrivés libres devant la cour d'assises du Loir-et-Cher pour répondre du meurtre de leur fille de 4 ans. Un procès attendu depuis près de 40 ans. Une riveraine, présente devant le tribunal, s'interroge : "Pourquoi ? Pourquoi ? Toujours pourquoi ? Comment on peut faire ça ? Ça m'a vraiment marqué. J'avais besoin de savoir."
Le 11 août 1987, le corps supplicié d'une enfant est retrouvé en contrebas de l'autoroute A10, au sud d'Orléans, près du village de Suèvres. Pendant des années, celle que l'on surnomme la petite martyre de l'A10 restera anonyme. Ce n'est que 30 ans plus tard, en 2017, après des tests ADN, qu'Inass Touloub est identifiée et ses parents interpellés.
Lundi 2 novembre, à la barre, la mère d'Inass a reconnu des violences, mais contesté avoir volontairement donné la mort à sa fille. Jugé pour complicité, son père, 72 ans aujourd'hui, assure, lui, n'avoir jamais touché à ses enfants. Des déclarations qui ne convainquent pas les habitants de la région. "Qui est coupable ? Pourquoi ? Comment on en arrive à, pendant deux ans, faire subir un martyre à un enfant de 3 ans, 4 ans ?", lance Raphaël Pilleboue, ancien maire de Suèvres.
Jugés pour torture, actes de barbarie et complicité, les parents d'Inass encourent tous les deux la réclusion criminelle à perpétuité.