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Test du Redmagic 12 Pro : un smartphone à part, conçu pour jouer
Chez Redmagic, chaque génération reprend la précédente et la pousse un peu plus loin. Le Redmagic 12 Pro suit cette méthode à la lettre : écran à 185 Hz sans encoche, batterie de 8 400 mAh dans un châssis plus fin, refroidissement liquide à double circuit et ventilateur à 25 500 tours par minute. Il démarre à 899 euros, soit 200 euros de plus que le 11 Pro. J’ai passé son refroidissement à la caméra thermique et ses performances au Labo Frandroid.
Le smartphone pour joueurs est devenu une niche à l’intérieur du marché du haut de gamme. Asus a mis ses ROG Phone en pause : en janvier 2026, son président Jonney Shih a déclaré que la marque « n’ajoutera plus de nouveaux modèles de téléphones à l’avenir ». Le Redmagic 12 Pro se retrouve presque seul sur ce créneau en Europe, avec son ventilateur intégré, ses gâchettes tactiles et son dos transparent éclairé en RGB.
Cette position a un avantage. Redmagic n’a pas besoin de tout réinventer chaque année et avance par petites touches. Le 11 Pro avait introduit le refroidissement liquide dans un smartphone fin 2025. Le 12 Pro double ce circuit, agrandit la batterie et fait passer l’écran de 144 à 185 Hz. Chaque changement reste modeste, et l’ensemble forme le Redmagic le plus abouti que j’aie eu entre les mains. Il est aussi possible que ce soit l’un des derniers représentants d’une espèce que les grandes marques ont abandonnée.
Une précision avant d’entrer dans le détail : l’exemplaire testé est un modèle de préproduction fourni par Redmagic. La version vendue en magasin peut encore recevoir des ajustements logiciels.
Un Redmagic se reconnaît de loin, et le 12 Pro ne cherche pas à se fondre dans la masse. Le dos en verre Gorilla Glass 7i est transparent et laisse voir une partie des composants, dont le circuit de refroidissement liquide. Un anneau lumineux RGB entoure ce circuit et pulse selon les effets choisis dans les réglages. Le cadre est en aluminium.
Le spectacle vaut le coup d’œil. Le liquide de refroidissement circule réellement sous le verre et prend les différentes couleurs de l’éclairage RGB. Redmagic a étendu le circuit jusqu’au niveau du logo, ce qui donne au dos une profondeur inhabituelle. Savoir qu’il s’agit d’un vrai fluide, et pas d’un simple décor, ajoute au plaisir. Aucun autre smartphone ne ressemble à celui-ci : la marque a une direction artistique bien à elle, qu’elle continue de faire évoluer à chaque génération autour de l’éclairage, du circuit liquide et du refroidissement actif.
Ce dos en verre a un défaut : il attrape toutes les traces de doigts. Pendant le test, j’ai pris l’habitude de le frotter sur la manche de mon sweat plusieurs fois par jour pour lui rendre sa transparence. Une microfibre dans la poche ne sera pas de trop.
Le dos est parfaitement plat. Les deux capteurs photo de 50 Mpx affleurent la surface, sans le moindre bloc en relief : le téléphone reste stable sur une table, ce qui n’est plus si courant en 2026. La grille du ventilateur se trouve en haut, près des objectifs, là où se concentre la chaleur de la puce.
Le gabarit reste imposant avec son écran de 6,85 pouces, mais Redmagic a affiné la recette. Le 12 Pro mesure 8,55 mm d’épaisseur pour 223 g, contre 8,9 mm et 230 g pour le 11 Pro. Les angles sont plus arrondis. La différence de 7 grammes passe inaperçue. Les bords plus doux rendent en revanche les longues sessions en mode paysage plus confortables.
Sur la tranche, on retrouve les gâchettes tactiles et la Magic Key. Ce bouton ouvre par défaut le Game Space, l’interface de jeu maison. Il peut aussi déclencher l’appareil photo, la lampe torche, l’enregistreur vocal, la traduction en face-à-face ou le mode silencieux. Le lecteur d’empreintes est un capteur à ultrasons 3D placé sous l’écran.